Femme tenant des billets de banque dans le mains.
Photo : Dean Drobot / 123RF

La richesse des ménages canadiens a continué de progresser au troisième trimestre, augmentant encore de 290 milliards de dollars (G$), selon Statistique Canada.

Les salaires, le revenu disponible et la consommation des ménages ont tous augmenté au troisième trimestre. L’augmentation de la consommation étant supérieure à celle du revenu, le taux d’épargne des ménages est passé de 14,0 % au deuxième trimestre à 11,0 % au troisième trimestre, ce qui reste bien supérieur aux niveaux d’avant la pandémie.

La rémunération des employés a augmenté de 2,9 % au troisième trimestre, ce qui, selon Statistique Canada, a été le principal moteur de la hausse du revenu disponible, les programmes de soutien gouvernementaux ayant été réduits.

Les dépenses des ménages ont bondi de 5,4 %, « soutenues par un assouplissement supplémentaire des restrictions liées à la pandémie » et par l’inflation, qui a dépassé la hausse du revenu disponible.

« En conséquence, le taux d’épargne des ménages a diminué, mais il est resté dans les deux chiffres pour le sixième trimestre consécutif », note Statistique Canada.

La demande de prêts hypothécaires est restée forte, et les ménages ont continué à investir dans des fonds communs de placement. Mais la croissance des dépôts a ralenti au troisième trimestre, rapporte l’agence.

« Au cours des quatre derniers trimestres, les achats nets d’actions de fonds communs de placement ont totalisé 105,5 G$, soit plus de trois fois le montant de la même période un an auparavant, dévoile Statistique Canada. Les achats de fonds communs de placement plus élevés que d’habitude ont marqué un changement de comportement évident des ménages canadiens, qui cherchent des véhicules de placement autres que l’argent liquide pour stocker une partie de l’épargne excédentaire qu’ils ont accumulée au cours de la pandémie. »

Pourtant, si la valeur des actifs financiers des ménages a augmenté de 1,1 % au troisième trimestre, la hausse des valeurs immobilières a été le principal moteur de l’augmentation de la valeur nette des ménages – qui a bondi de 292,2 G$ pour atteindre 15,1 billions de dollars au troisième trimestre.

La hausse de la richesse des ménages a porté le gain total par rapport aux niveaux d’avant la pandémie à 2 800 G$, selon les Services économiques RBC.

« Ces gains n’ont pas été répartis de façon égale, les augmentations à ce jour étant concentrées chez les ménages à revenu élevé. La hausse des prix des maisons a stimulé les capitaux propres dans l’immobilier, ce qui représente plus de la moitié de l’augmentation totale, mais l’épargne sous forme d’espèces et de dépôts a également augmenté de 268 G$ par rapport aux niveaux d’avant la pandémie », constate RBC.

Pendant ce temps, les ménages se sont endettés de 51,6 G$ au troisième trimestre, ce qui représente le deuxième plus haut total trimestriel jamais enregistré, après le record de 62,0 G$ au deuxième trimestre.

« Les prêts hypothécaires ont été le principal facteur de l’augmentation des emprunts, avec une demande de 45,9 G$, informe Statistique Canada. La demande de prêts non hypothécaires a plus que doublé pour atteindre 5,7 G$, car la croissance économique a repris au troisième trimestre. »

Dans le contexte de l’augmentation des emprunts, le ratio dette-revenu des ménages est passé de 176,7 % au deuxième trimestre à 177,2 % au troisième trimestre.

RBC souligne que, malgré la dernière augmentation, le ratio de la dette au revenu « est encore bien inférieur aux niveaux d’avant la pandémie parce que les taux d’intérêt ont été bas et que les revenus des ménages ont été exceptionnellement élevés grâce aux importants programmes gouvernementaux de soutien en cas de pandémie ».

Statistique Canada signale également que le ratio du service de la dette a diminué au troisième trimestre, mais RBC a déclaré que ce ratio commencera à augmenter lorsque les banques centrales commenceront à relever les taux d’intérêt.

En effet, avec l’augmentation des revenus, « les ménages ont un pouvoir d’achat amplement suffisant », selon RBC. « Malgré les risques liés aux nouvelles variantes du virus, leur capacité à dépenser devrait soutenir la croissance de la demande et de l’inflation et permettre aux banques centrales de commencer à relever les taux d’intérêt l’an prochain. »

RBC prévoit que la Banque du Canada commencera à relever ses taux en avril.

Dans l’ensemble, la publication des données a confirmé que « les finances des ménages sont restées en bonne forme à l’approche de la période des fêtes », indiquent les Services économiques TD dans un rapport. « La richesse et le revenu ont continué d’augmenter, tandis que le coût relatif du service de la dette a diminué pour le troisième trimestre consécutif. »

« L’an prochain, cependant, les ménages pourraient être confrontés à un tiercé de vents contraires : une inflation élevée, un coussin d’épargne qui s’amenuise et des taux d’intérêt plus élevés », avertit la TD.

Toutefois, la « composition actuelle de la dette est légèrement moins sensible aux taux d’intérêt qu’avant la pandémie, avec davantage de prêts hypothécaires à taux fixe qui ne sont pas révisés immédiatement en fonction des taux d’intérêt du marché », déclare RBC. « Mais les niveaux d’endettement élevés des ménages et la sensibilité aux hausses de taux d’intérêt constituaient une vulnérabilité clé pour l’économie canadienne avant la pandémie et le seront également après. »