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Entre le ralentissement économique mondial et la guerre commerciale qui oppose les États-Unis à la Chine, les bénéfices des entreprises sont soumis à de fortes pressions. Partout dans le monde? Non, pas au Canada.

Les analystes s’attendent en effet à ce que les bénéfices des sociétés inscrites à l’indice composé S&P/TSX atteignent un sommet à 1 143 $ l’action en 2019, rapporte Bloomberg. Cet optimisme est porté par l’expansion de l’économie canadienne, la hausse du prix des produits de base et la très solide saison des bénéfices, qui est toujours en cours.

Malgré des courbes de rendement obligataires inversées au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni, ce qui fait craindre à certains investisseurs le déclenchement d’une récession mondiale, les perspectives demeurent favorables au pays. Les prévisions de bénéfices des entreprises canadiennes ont augmenté bien plus rapidement que celles dans les autres marchés développés.

Aux États-Unis, par exemple, les entreprises n’avaient pas réduit leurs prévisions à un rythme aussi élevé depuis quatre ans. « Contrairement à ce qui se passe aux États-Unis, au Canada, la croissance du PIB est plus forte que la plupart des gens ne le pensent », souligne Samantha Azzarello, stratège, marchés mondiaux pour les FNB à JPMorgan.

De ce côté-ci de la frontière, les sociétés du S&P/TSX ont dépassé les prévisions de 6 % en moyenne, et 80 % de celles-ci ont livré des résultats supérieurs aux attentes des analystes.

La confiance semble aussi être au rendez-vous chez les dirigeants d’entreprise. Selon le dernier sondage de la Banque du Canada, ceux-ci se montrent optimistes en ce qui concerne les perspectives de ventes futures.

L’INCERTITUDE N’EST JAMAIS BIEN LOIN

Même si les sociétés canadiennes semblent bénéficier d’un vigoureux vent de dos, elles ne sont pas à l’abri du climat d’incertitude qui plane sur l’économie mondiale. Bien que les entreprises d’ici ne soient pas directement touchées par le conflit commercial entre la Chine et les États-Unis, un ralentissement de la croissance au sud de la frontière pourrait se faire ressentir au nord.

« Les États-Unis demeurent notre principal partenaire commercial. S’ils ralentissent, le Canada ralentira aussi, prévient Laura Lau, gestionnaire de portefeuille principale chez Brompton Corp. Nous fournissons de nombreuses entreprises américaines dans la chaîne d’approvisionnement. »

La baisse du prix du pétrole risque aussi de plomber la rentabilité du secteur de l’énergie, le deuxième secteur en importance au sein du S&P/TSX.

La plupart des stratèges s’attendent à ce que les actions canadiennes continuent de grimper durant la deuxième moitié de l’année, mais à un rythme plus lent. JPMorgan prévoit des rendements à un chiffre « dans la fourchette moyenne basse » au second trimestre, tandis que StoneCastle anticipe davantage de volatilité.