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Le risque d’une récession reste peut-être faible, mais les investisseurs se trouvent confrontés à un autre défi. Comment trouver du rendement dans un univers où les bas taux d’intérêt semblent devenus la norme?

Advisor rapporte à ce sujet les propos de Robin Marshall, expert en recherche sur les revenus fixes de FTSE Russell, prononcés lors d’un récent déjeuner de l’Association canadienne des FNB.

Robin Marshall considère que les pays du G7 vivent présentement une « japonisation » des rendements des obligations. Rappelons que le Japon s’est distingué depuis plusieurs années avec des taux négatifs, une tendance qui touche aussi la Banque centrale européenne, la Banque de Suède et même la Banque fédérale d’Allemagne, comme le rappelait récemment Manuvie. On pourrait aussi ajouter que les taux qui se situent sous l’inflation sont aussi, d’une certaine manière, négatifs. 

CERCLE VICIEUX

Selon M. Marshall, l’exemple du Japon montre que la faiblesse des taux tend à se perpétuer par elle-même. « Si vous réduisez les taux d’intérêt à zéro, vous en venez à soutenir des compagnies zombies et des banques qui ne devraient pas avoir le droit de continuer leurs activités », souligne-t-il.

Des taux près de zéro compliquent la vie des institutions financières, qui doivent arrimer leurs risques à long terme à des actifs viables. Ils font augmenter les risques (puisqu’ils ne procurent pas un rendement suffisant), ce qui oblige les banques à acheter plus de ces titres. Cela pousse encore les rendements à la baisse, augmentant les risques et obligeant les banques à procéder à une nouvelle vague d’achat de titres. 

Ajoutez à cela l’allongement de la vie, qui met de la pression sur les régimes de retraite, et vous obtenez un vrai cercle vicieux. « Le processus se nourrit lui-même et vous avez un système financier qui est programmé pour de très bas taux », ajoute l’expert.

DES ATTENTES IRRÉALISTES

Ce phénomène augmenterait aussi le risque de « piège de liquidité », dans lequel la diminution des taux des banques centrales n’engendre plus de hausse des dépenses. 

Selon M. Marshall, les investisseurs ne se sont toujours pas ajustés à cette nouvelle norme des bas taux et continuent d’attendre des rendements semblables à ceux que l’on connaissait dans les années 1980 et 1990. 

Il conseille toutefois de ne pas paniquer avec l’inversion des courbes de rendement des obligations que l’on a vue l’an dernier. On parle de courbe de rendement lorsque les taux d’intérêt à court terme dépassent ceux du long terme. Cela s’est produit aux États-Unis en mars dernier, pour la première fois depuis 2007. L’analyste de FTSE Russell soutient que malgré l’impact du coronavirus, le risque d’une récession reste relativement bas.