Cartes de crédits et billet de 50 $ canadien.
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Une pénurie de main-d’œuvre record et une hausse des salaires peuvent sembler être de bonnes nouvelles pour les travailleurs, mais des dirigeants syndicaux affirment que les employés ne bénéficient pas vraiment des gains des entreprises dans un contexte d’inflation vertigineuse.

La présidente du Congrès du travail du Canada, Bea Bruske, affirme que les travailleurs ressentent les effets sur leurs finances de l’augmentation du coût de la vie.

Le taux d’inflation d’une année à l’autre au Canada était de 7,6 % en juillet, tandis que les salaires ont augmenté de 5,2 % au cours de la même période.

Pendant ce temps, Bea Bruske affirme que les entreprises des secteurs comme le pétrole et le gaz ont enregistré des bénéfices records.

S’attaquer à ce déséquilibre, dit-elle, est l’une des priorités du mouvement syndical à l’avenir.

« Il s’agit de s’assurer que nous répondons réellement à la crise de l’abordabilité en luttant contre l’inflation et en demandant aux gouvernements d’examiner les profits gigantesques que de nombreux employeurs récoltent en ce moment », a déclaré Bea Bruske.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a pressé le gouvernement fédéral d’étendre la taxe sur les bénéfices exceptionnels, qui s’applique déjà aux institutions financières, pour qu’elle couvre aussi les sociétés pétrolières et gazières et les détaillants à grande surface.

Mais certains économistes craignent que ces taxes ne fassent fuir les investissements des entreprises.

Selon une analyse menée par David Macdonald, économiste principal au Centre canadien de politiques alternatives, les bénéfices après impôt des sociétés ont atteint un pourcentage historiquement élevé de la production totale de l’économie canadienne au deuxième trimestre de cette année.

En revanche, David Macdonald a constaté que la rémunération des travailleurs en tant que part du produit intérieur brut avait tendance à baisser, tombant au niveau le plus bas depuis 2006.

« Il est assez clair que nous enregistrons des bénéfices records et qu’une proportion record de notre économie va aux bénéfices après impôts des entreprises plutôt qu’aux salaires des travailleurs », a observé David Macdonald.

L’économiste affirme que la taxe sur les bénéfices exceptionnels actuelle est « très limitée » et suggère de l’étendre à l’ensemble du secteur des entreprises.

Le président du Conseil du travail d’Ottawa et du district, Sean McKenny, affirme que certaines entreprises ont sans aucun doute été touchées par la pandémie de COVID-19, mais que voir les bénéfices élevés de certaines entreprises a été frustrant pour les travailleurs.

« Cela dérange les travailleurs en général, car, encore une fois, l’équité n’est pas là », a déclaré Sean McKenny.