Un homme d'affaire sur un sous-marin au milieu d'une mer en tempête. Il regarde au loin avec une longue vue.
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Les dettes accumulées par le gouvernement fédéral et les provinces pourraient devenir insoutenables.

Depuis un an, le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux creusent leurs dettes pour soutenir l’économie, durement affectée par les mesures sanitaires prises face à la pandémie de COVID-19.

Parallèlement, les revenus des gouvernements sont en fort recul, puisqu’une bonne partie de ceux-ci provient de l’activité économique elle-même. Et cette diminution des recettes fiscales pourrait durer le temps que l’économie retrouve son rythme, ce qui risque de prendre des années.

Après un an de pandémie et de crise économique, le dernier rapport du Conference Board du Canada met en garde contre les conséquences inévitables de l’explosion de cet endettement, signale le Financial Post.

Les gouvernements doivent apporter des modifications à leurs budgets pour être capables de maîtriser les déficits considérables qui s’accumulent, met en garde le rapport intitulé « Challenges Ahead : Canada’s Post Pandemic Fiscal Prospects ».

Le gouvernement fédéral affichera un déficit de 385 milliards de dollars (G$) en 2021. Les provinces et les territoires se préparent à creuser leurs déficits de 92 G$ supplémentaires en 2021.

Fin 2021, l’endettement public combiné devrait atteindre 95% du produit intérieur brut (PIB). Ce niveau n’avait pas été atteint depuis le début des années 1990 et il avait fallu une décennie de restrictions budgétaires pour revenir plus proche de l’équilibre, rappelle le Conference Board.

Ce dernier reconnaît que le gouvernement fédéral et les provinces ont pris les mesures d’urgence requises face à la pandémie. Et le coût de l’endettement est limité par la faiblesse des taux d’intérêt.

Mais c’est bien plus la situation à long terme qui l’inquiète. Le creusement des déficits absorbera inévitablement une partie croissante des revenus des gouvernements. Ceux-ci devront stabiliser leur dette, avant de la réduire en proportion du PIB. Sinon, les gouvernements ne disposeront plus de marge de manœuvre pour agir en cas de futures crises.

Or, le Conference Board prévoit que les budgets gouvernementaux conduiront l’endettement public combiné à dépasser 100% du PIB d’ici 2030. Même si l’économie retrouve son rythme d’avant la crise, les gouvernements ne pourront pas maîtriser leurs déficits à moins de trouver davantage de recettes ou de réduire leurs dépenses.

Les dépenses des provinces et des territoires inquiètent particulièrement le Conference Board. Celles-ci devraient augmenter de 3,9% par an après 2022, davantage que la croissance de leurs recettes (3,6%).