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Les ministres des Finances du Groupe des Sept (G7) ont discuté jeudi dernier pour explorer des stratégies visant à relancer l’activité économique après la période de confinement qui a frappé un grand nombre de pays, rapporte Reuters.

Des représentants de l’Union européenne et de l’Eurogroup se sont joints aux ministres des membres du G7 lors de cette discussion. 

L’importance de l’investissement étranger a notamment été abordée. L’Organisation des Nations Unies prévoit une réduction de 30 % à 40 % des investissements étrangers dans le monde en 2020 et 2021. Pour la grande région de Montréal, cela pourrait signifier une baisse de plus de 700 millions de dollars, selon Montréal International. 

ATTENTION À LA CHINE

Le G7 a aussi discuté de l’utilisation de mécanismes pour évaluer les risques que certains de ces investissements étrangers font courir à la sécurité nationale, une référence claire au dragon chinois. Même avant la pandémie, les États-Unis et l’Union européenne s’inquiétaient de l’appétit chinois, qui multiplient les achats d’actifs potentiellement stratégiques, notamment en Europe. 

Il y a deux semaines, l’OTAN sonnait l’alarme à ce sujet, sans nommer directement la Chine. La pandémie compliquera la situation financière de certains États, ce qui pourrait les rendre plus sensibles aux chants des sirènes venues de l’Est. « Certains alliés sont plus vulnérables à des situations où des infrastructures critiques peuvent être vendues », notait le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg. Des compagnies chinoises ont acheté ces dernières années plusieurs ports grecs, possèdent 90 % du seul opérateur de terminal en Belgique et détiennent des parts majoritaires dans les ports espagnols de Valence et Bilbao, entre autres.

ENCORE LA CHINE

La Chine ne cesse d’ailleurs de s’immiscer dans les discussions du G7. Un récent échange entre ses pays membres avait viré au vinaigre le 16 avril dernier, en raison de désaccords sur le rôle de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Donald Trump avait annoncé deux jours avant la vidéoconférence qu’il couperait les vivres à l’OMS, qu’il jugeait trop inféodée à la Chine. Il lui reprochait aussi d’avoir mal géré la réponse à l’éclosion du coronavirus. Le gouvernement canadien, notamment, avait défendu l’OMS lors de la discussion du G7, la qualifiant d’alliée cruciale dans la lutte contre la pandémie. 

M. Trump s’était également montré beaucoup plus pressé que ses collègues de procéder à un déconfinement et de relancer les échanges économiques, lui qui devra faire face aux électeurs en novembre.  

Rappelons que la pandémie a obligé le président américain à annuler le sommet du G7 qui devait se tenir au Maryland en juin. Il sera remplacé par une visioconférence.