Les plus récentes données sur le marché immobilier canadien montrent une reprise importante. Pourtant, deux indicateurs inquiètent certains analystes quant à ses perspectives à moyen terme, peut-on lire dans le Financial Post.

Les ventes de domiciles ont bondi de 63 % en juin par rapport à celles du mois de mai, selon l’Association canadienne de l’immeuble (ACI). À Montréal, cette hausse atteignait le chiffre vertigineux de 75,1 %. Elle était de 83,8 % dans le Grand Toronto, 60,3 % dans le Grand Vancouver et 43,6 % à Québec. 

Bien sûr, cette progression tient plutôt à un très mauvais mois de mai qu’à des ventes records en juin. Le nombre de nouvelles propriétés à vendre était tout de même de 4,8 % supérieur à juin 2019. 

« Le marché s’est redressé beaucoup plus rapidement que plusieurs ne l’auraient pensé, mais ce qui se passera plus tard cette année demeure inconnu », soutient Shaun Cathcart, économiste en chef de l’ACI. Cette dernière croit que les résultats de juillet pourraient être encore plus réjouissants.

DEUX INDICATEURS AU ROUGE

Certains analystes s’inquiètent tout de même de la faiblesse de deux indicateurs clés pour le marché immobilier : l’emploi et l’immigration. La Banque du Canada elle-même s’attend à ce que la récession et la baisse de l’immigration ralentissent la demande dans les prochaines années. 

RBC craint que le marché du travail continue de tourner au ralenti après la fin des programmes de répit de remboursement d’hypothèque et de soutien financier du gouvernement fédéral, indique-t-elle dans un récent rapport.

CHÔMAGE ÉLEVÉ

En juin, l’économie canadienne a créé 953 000 emplois, selon Statistique Canada, dont 488 000 postes à temps plein. Le taux de chômage a diminué à 12,3 %, en baisse par rapport à son niveau record de 13,7 % du mois de mai. Il reste tout de même plus de deux fois plus élevé que l’an dernier, alors qu’il était à 5 %. 

La pandémie a coûté environ trois millions d’emplois en mars et avril et un autre 2,5 millions de travailleurs ont vu leur nombre d’heures de travail et leurs revenus réduits. Pas de quoi donner envie de s’acheter une maison. Statistique Canada note toutefois que la reprise initiale a été très rapide comparativement aux ralentissements économiques précédents.