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Traditionnellement, une bonne performance du S&P 500 dans les trois mois précédant une élection présidentielle américaine a souvent auguré de la réélection du président en place, rappelle Frank Holmes dans Advisor Perspectives.

Depuis 1948, dans 72 % des cas où le S&P 500 a connu une croissance dans le trimestre précédant cette importante élection, le parti au pouvoir a conservé la présidence, que ce soit par la réélection du président en poste ou du nouveau candidat de ce parti.

À l’inverse, il a toujours perdu la Maison-Blanche lorsque cet indice était en baisse, sauf en 1956, alors que Dwight D. Eisenhower a battu pour une deuxième fois en quatre ans le candidat démocrate Adlai Stevenson. Il l’avait d’ailleurs emporté haut la main, avec 57,5 % des voix et 457 Grands électeurs (sur 530 à l’époque).

UN PRÉSAGE POUR NOVEMBRE?

En 1968 (Hubert Humphrey), 1976 (Gerald Ford), 1980 (Jimmy Carter) et 2000 (Al Gore), la bonne performance du S&P 500 n’a pas suffi à faire réélire le candidat du parti au pouvoir. Et en 2016, malgré des sondages qui la donnaient gagnante, Hillary Clinton n’a pu prendre la suite de Barack Obama. Le rendement du S&P 500 dans les trois mois avant l’élection? -1,7 %.

Le S&P 500 a gagné plus de 3 % depuis le 31 juillet et pour l’instant cette forme semble tenir après le creux de mars. Autre tendance qui joue en faveur de M. Trump : les trois présidents précédents (Bill Clinton, George W. Bush, Barrack Obama) ont occupé la Maison-Blanche pendant deux mandats consécutifs. De quoi donner des sueurs froides à ceux qui rêvent déjà de le voir quitter Washington dans quelques mois.

DES ÉLECTIONS QUI RAPPORTENT

En moyenne, depuis 1928, le marché a offert un rendement de 6,23 % pendant une année électorale. Les performances étaient meilleures lorsqu’un président tentait de se faire réélire pour un second mandat (7,84 %). La raison est simple : le président peut utiliser ses pouvoirs pour tenter de stimuler la croissance économique, créer des emplois ou doper le marché.

Et comment les investisseurs devraient-ils réagir si le duo démocrate Joe Biden-Kamala Harris devait tout de même remporter l’élection? M. Holmes croit qu’il y a toujours des moyens de générer du rendement, peu importe qui réside au 1600 Pennsylvania Avenue. Une présidence Biden pourrait représenter une bonne nouvelle pour certaines industries, comme celles de l’énergie renouvelable, des transports en commun ou de la santé.

Certes, les impôts pourraient augmenter et certaines réglementations pourraient se voir resserrées. Joe Biden soutient une hausse de l’impôt des sociétés à 28 % (contre 21 % en ce moment) et souhaite faire passer la taxe sur les gains en capital de 20 à 39,6 % pour ceux dont le revenu dépasse 1 million de dollars américains (1,33 M$ CA). Certains investisseurs pourraient réagir en vendant leurs actions avant les élections afin d’éviter de subir cette augmentation.

Chose certaine, les rebondissements ne manqueront pas d’ici l’élection présidentielle du 4 novembre.