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Après que le mois de septembre ait terni ce qui avait été jusque là un bon troisième trimestre pour les marchés financiers, on peut de se demande de quoi sera fait octobre. Un article de Barron’s tente de répondre à cette question. 

Au troisième trimestre, et ce malgré la pandémie, l’indice Dow Jones a gagné 7,6 % pendant que le S&P 500 progressait de 8,5 % et que le Nasdaq Composite grimpait de 11 %. Cependant, le trimestre n’a pas fini sur une aussi bonne note. Pendant le mois de septembre, traditionnellement peu favorable aux investisseurs, le Dow Jones a reculé de 2,3 % pendant que le S&P 500 perdait 3,9 % et le Nasdaq Composite 4,9 %. Il s’agissait des plus grosses pertes depuis mars dernier. 

DES INVESTISSEURS PLUS INQUIETS

Une multitude d’éléments expliquent la frilosité des investisseurs en septembre, notamment un sentiment généralisé que les valorisations des technologies atteignaient peut-être des sommets exagérés, des craintes liés aux lendemains d’une élection présidentielle américaine qui s’annonce houleuse et un ralentissement de la reprise économique. 

L’article de Barron’s a aussi été écrit avant que l’on apprenne que Donald Trump et son épouse étaient atteints de la COVID-19. Cela aura sans nul doute un impact sur les marchés financiers, au moins à court terme.

Le 22 septembre dernier, Jerome Powell, directeur de la Réserve fédérale américaine et Steven Mnuchin, président du Trésor américain, plaidaient tous deux auprès du Congrès pour une augmentation des dépenses du gouvernement fédéral pour soutenir la reprise, qui reste fragile.

Cependant, Démocrates et Républicains semblent éprouver des difficultés à s’entendre sur un nouveau plan pour stimuler l’économie. Ce qui ne surprendra personne… À la Chambre des représentants, les Démocrates ont proposé un plan de 2,2 billions $US en faveur duquel absolument aucun Républicain n’a voté. En fait, 18 représentants démocrates ont même voté contre le projet. Les pourparlers entre les deux partis se poursuivent.

REPRISE POUSSIVE AU QUÉBEC

Il n’y a d’ailleurs pas qu’aux États-Unis que la reprise poussive inquiète. Au Québec, l’économiste principal de Desjardins, Benoit P. Durocher, admettait que la situation pour le quatrième trimestre s’annonce moins bonne que prévu, notamment en raison d’une recrudescence du nombre d’infections et du retour de restrictions sanitaires plus sévères. Les mesures s’annoncent cependant beaucoup plus ciblées qu’au printemps, ce qui devrait réduire leur effet néfaste sur la croissance économique.

« Même si la croissance sera inférieure à notre prévision initiale de 7,0 % (à rythme annualisé) au quatrième trimestre, la progression du PIB réel devrait malgré tout demeurer légèrement en territoire positif », estime l’économiste.

LE PASSÉ GARANT DE L’AVENIR?

Dans l’article, Ben Levinson soutient que le mois d’octobre devrait s’avérer plus positif que le précédent.

Malgré de grosses catastrophes en 1929 et 1987, les performances boursières ont généralement été assez positives pendant ce mois. Le Dow a fini en hausse 70 % du temps au cours de 20 derniers mois d’octobre, gagnant une moyenne de 1,6 %, rappelle la firme Bespoke Investment.

Mais peut-on vraiment croire que le mois d’octobre de cette année sera normal? On trouve peu de références historiques pour tenter de le deviner. M. Levinson rappelle que ce n’est que la deuxième fois que le S&P 500 gagne plus de 9 % dans le troisième trimestre malgré une perte de 3 % en septembre. L’autre fois, c’était en 1932. À cette occasion, l’indice avait chuté de 14 % en octobre et terminé le quatrième trimestre en baisse de 15 %. Rien là de particulièrement rassurant.

Notons toutefois qu’au début des années 30, les investisseurs n’avaient pas profité d’un appui aussi vigoureux que celui qu’offrent en ce moment les banques centrales et les gouvernements. Cela suffira-t-il à maintenir les indices à flots? On le saura bien assez vite…