Réserve fédérale américaine
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Le président de la Fed, Jerome Powell, a suscité l’espoir d’une baisse prochaine des taux hypothécaires lorsqu’il a déclaré que le processus de désinflation avait commencé, alors que la banque centrale américaine venait de relever son taux directeur de 25 points pour le porter à 4,75 %.

Cette déclaration, prononcée lors d’une conférence de presse tenue le 1er février dernier, a provoqué une hausse rapide des actions et une chute immédiate des rendements obligataires.

Ces faits peuvent être interprétés comme des signes que le cycle de resserrement monétaire de la Fed arrive à son terme et qu’il pourrait même s’inverser, selon Financial Post.

Le marché des rendements canadiens pour un terme de cinq ans, utilisé pour fixer les taux hypothécaires, a perdu 10 points de base après les commentaires du président de la Fed, observe le stratège hypothécaire Robert McLister, cité dans le média. Selon lui, cela incite à penser que les taux fixes pourraient baisser d’ici le printemps prochain.

L’expert est d’avis qu’il est cependant trop tôt pour voir une diminution importante des taux hypothécaires, même si la baisse des rendements obligataires au cours des trois derniers mois a déjà fait baisser les taux fixes sur cinq ans.

En effet, il croit que « les prêteurs maintiendront leurs écarts plus larges que d’habitude pour tenir compte du risque perçu et d’autres facteurs ».

Il faudra plutôt attendre que la Banque du Canada se rapproche d’une réduction des taux pour voir les taux fixes à court terme diminuer, selon lui. Les taux variables devraient quant à eux baisser quand la réduction du taux directeur sera bien réelle. Dans cette hypothèse, les rendements des obligations pour un terme de cinq ans pourraient diminuer de 42 points de base dans 12 mois, estime le spécialiste.

Même si la Réserve fédérale américaine a indiqué que des réductions de taux étaient peu probables cette année, ses commentaires ont été interprétés comme étant « dovish », c’est-à-dire orientés sur la croissance économique reposant sur une baisse des taux d’intérêt, par opposition à une politique « harwish » qui a pour but de lutter contre l’inflation en haussant les taux, indique Financial Post.

La semaine dernière, la Banque du Canada a relevé son taux directeur de 25 points de base pour le porter à 4,5 %, un sommet depuis 2007. Elle a précisé que si l’évolution de l’économie se révélait généralement conforme à ses perspectives, son conseil de direction s’attendait à maintenir le taux directeur à son niveau actuel, le temps d’évaluer l’impact des augmentations cumulatives de taux d’intérêt.