Jeune couple couché sur le ventre et se faisant face, avec, au centre, une maison de carton.
Photo : deklofenak / 123RF

Le gouvernement fédéral a dévoilé les détails de son plan d’aide aux premiers acheteurs d’une maison et annoncé que celui-ci entrera en vigueur le 2 septembre.

Dans un communiqué, Jean-Yves Duclos, ministre responsable de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), rappelle que ce dispositif faisait partie du budget 2019 et qu’il représente un investissement de 1,25 milliard de dollars réparti sur trois ans.

« À compter du 2 septembre, l’Incitatif à l’achat d’une première propriété aidera les familles de la classe moyenne à faire les premiers pas vers l’accession à la propriété en réduisant les mensualités hypothécaires exigées des accédants sans augmenter le montant qu’ils doivent épargner pour une mise de fonds », explique-t-il. Le ministre ajoute que les premières transactions se dérouleront à partir du 1er novembre.

PRÊT HYPOTHÉCAIRE AVEC PARTICIPATION

Selon le dirigeant, cette mesure permettra aux acheteurs d’une première propriété admissibles (c’est-à-dire ceux qui ont la mise de fonds minimale requise pour obtenir un prêt hypothécaire assuré par la SCHL, Genworth ou Canada Guaranty) de demander le financement d’une partie de l’achat de leur maison. Concrètement, ils pourront le faire en ayant recours à « une forme de prêt hypothécaire avec participation ».

Ce dispositif devrait notamment permettre à environ 100 000 primo-acheteurs d’emprunter jusqu’à 10 % du prix d’achat d’une maison neuve (5 % dans le cas d’une propriété existante) afin d’augmenter leur mise de fonds. À noter qu’aucun versement mensuel ne sera exigé sur le prêt, qui sera sans intérêt, et que l’emprunteur aura la possibilité de le rembourser en tout temps sans pénalité pour remboursement anticipé.

Le gouvernement précise par ailleurs que l’acheteur devra rembourser le montant de l’incitatif reçu après 25 ans ou à la vente de sa propriété. De même, ce prêt sera offert seulement aux primo acquéreurs dont le revenu annuel admissible du ménage ne dépasse pas 120 000 dollars. Toutefois, le prêt hypothécaire assuré du participant et le montant de l’incitatif ne pourront pas représenter plus de quatre fois le revenu annuel admissible du ménage.

JUSQU’À 3 430 $ D’ÉCONOMIE PAR AN

Le gouvernement estime que grâce à son programme, une famille achetant une propriété de 500 000 dollars pourra réaliser jusqu’à 286 dollars d’économie par mois, soit environ 3 430 dollars par année. Dans le cas d’un ménage achetant un bien immobilier de 200 000 dollars, cette économie sera d’environ 114 dollars par mois. Ottawa souligne toutefois que ces chiffres sont susceptibles d’évoluer en fonction de la période d’amortissement, du taux d’intérêt et du terme, entre autres.

« Grâce à la Stratégie nationale sur le logement, un plus grand nombre de Canadiens de la classe moyenne (…) trouveront des logements sûrs, accessibles et abordables. Les mesures que nous proposons réduiront les mensualités hypothécaires par une marge pouvant atteindre 286 dollars. Les Canadiens auront donc davantage d’argent à dépenser, et nous estimons que cet incitatif bénéficiera à 100 000 familles », affirme Jean-Yves Duclos.

« L’Incitatif à l’achat d’une première propriété est conçu pour aider ceux qui ont besoin d’aide pour payer les frais de logement. Grâce à des versements hypothécaires plus abordables, de nombreuses familles auront des centaines de dollars de plus chaque mois dans leurs poches », ajoute Bill Morneau, ministre des Finances.

Quels sont les facteurs qui influent les acheteurs?

Les trois quarts (75 %) des acheteurs dans les trois principaux marchés de l’habitation au pays (Toronto, Montréal et Vancouver) ne sont pas prêts à prendre des risques financiers lorsqu’ils acquièrent une propriété, révèle une nouvelle enquête de la SCHL. Malgré tout, près de 90 % d’entre eux continuent de croire que l’immobilier constitue le meilleur investissement à long terme.

Le rapport montre également que les attentes quant à la hausse des prix au cours d’une année sont très semblables aux variations réelles des prix de l’année précédente, sauf à Montréal, où les hausses prévues en 2018 ont été inférieures aux changements réels survenus en 2017. Selon l’enquête, la proportion d’acquéreurs ayant payé plus cher que prévu un bien immobilier dans la métropole québécoise est passée de 24 % en 2017 à 28 % en 2018. En outre, le pourcentage de ceux qui croient que les investisseurs étrangers ont beaucoup d’influence sur le prix des logements y est passé de 42 % à 52 %.

LE POIDS DES « FACTEURS SUBJECTIFS »

Dans l’ensemble, les personnes interrogées par la SCHL considèrent que les facteurs fondamentaux traditionnels, comme la croissance de l’emploi, la variation des taux d’intérêt et la croissance démographique, ont moins d’influence que les facteurs subjectifs liés à la spéculation, tels que l’attrait d’une ville et la présence d’investisseurs étrangers. À noter que l’appétit pour le risque financier diminue avec l’âge chez les acheteurs de logements. Parmi ceux de moins de 35 ans, 88 % se disaient prêts à en prendre et, globalement, plus leur revenu était élevé, plus ils semblaient disposés à risquer leur argent. Parmi les répondants qui n’étaient pas disposés à agir de la sorte, 31 % gagnaient moins de 60 000 dollars et seuls 11 % en gagnaient plus de 200 000.

« Les facteurs fondamentaux économiques ne peuvent expliquer à eux seuls la hausse des prix des logements. Des facteurs subjectifs, comme l’attrait d’une ville et la perception d’une augmentation des prix, ont aussi une influence », résume Marguerite Simo, spécialiste principale, Recherche sur le logement, à la SCHL.