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Des associations professionnelles québécoises déplorent le resserrement des critères d’assurance prêt hypothécaire de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), qui prendra effet le 1er juillet.

Ces modifications rendront l’acquisition immobilière plus ardue pour les acheteurs. Les ratios d’amortissement brut de la dette ne pourront dépasser 35 % et les ratios d’amortissement total de la dette seront limités à 42 %, contre 39 % et 44 % présentement.

Le pointage de crédit minimal sera de 680 pour au moins un emprunteur, contre 600 actuellement. Et les sources non traditionnelles de mise de fonds qui augmentent l’endettement ne seront plus acceptées aux fins de l’assurance prêt.

ADAPTATION RÉCLAMÉE POUR LE QUÉBEC

Ces changements suscitent l’inquiétude de l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), l’Association de la construction du Québec (ACQ), l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec (CEGQ) et l’Institut de développement urbain du Québec (IDU), qui ont dénoncé la situation dans un communiqué commun.

« En pleine crise sanitaire et considérant que les différents paliers de gouvernement s’affairent à relancer et stimuler l’économie, il est manifeste que les modifications aux critères de souscription annoncées par la SCHL arrivent à un moment tout à fait inopportun pour les ménages québécois, indique Carl Cloutier, président-directeur général par intérim à l’IDU. Nous avons besoin de la SCHL pour soutenir la relance, pas pour ralentir le marché de l’habitation. »

Les organismes réclament que la SCHL prenne des mesures de stabilisation du marché. Elle devrait aussi moduler ses règles selon les provinces afin de tenir compte des différences locales.

« Selon le dernier rapport de la SCHL intitulé Évaluation du marché de l’habitation, publié en février, soit juste avant le confinement, les deux principaux marchés de la Belle Province, soit ceux de Montréal et de Québec, ne présentaient aucun signe problématique de surchauffe, de surévaluation, de construction excessive ou d’accélération des prix, affirme Julie Saucier, présidente de l’APCIQ. Nous ne voyons pas en quoi il serait nécessaire de protéger les acheteurs de logements contre la demande excessive et la croissance insoutenable du prix des logements. »

Les organisations pointent aussi le fait que le taux de propriété est inférieur au Québec (61,3 %) comparativement à la moyenne nationale (67,8 %).