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Les investisseurs canadiens sont de plus en enclins à établir un portefeuille d’investissement responsable, et pour cela ils comptent sur leur conseiller en services financiers, selon un récent sondage de RBC Gestion mondiale d’actifs.

Réalisé auprès d’un vaste éventail de particuliers, celui-ci révèle notamment que, parmi les investisseurs d’un océan à l’autre, 63 % souhaitent mettre sur pied un portefeuille basé sur des critères ESG (environnementaux, sociaux et de bonne gouvernance), tandis que près des trois quarts (73 %) croient que l’investissement responsable est la voie de l’avenir. Toutefois, près de 50 % d’entre eux disent ignorer où trouver de l’information fiable sur ce type de produits, « ce qui laisse croire que c’est ce manque d’information qui les dissuade d’agir », estime RBC.

Pour combler cette lacune, environ les deux tiers (61 %) des personnes interrogées dans le cadre du sondage affirment consulter un conseiller, « ce qui démontre bien le rôle essentiel que jouent ces professionnels dans l’éducation des investisseurs », souligne l’institution bancaire. En effet, ajoute RBC, les conseillers sont appelés à « jouer un rôle crucial pour stimuler l’investissement responsable », puisqu’une majorité d’investisseurs au pays juge qu’ils représentent « la source d’information la plus fiable » dans ce domaine. La preuve? Plus des trois quarts (76 %) des répondants au sondage pensent qu’il est important que leur conseiller possède une expertise en IR et qu’il leur offre des solutions d’investissement dans ce créneau. De plus, 48 % des personnes interrogées indiquent avoir l’intention de discuter d’investissement responsable avec lui au cours des 12 prochains mois.

LES JEUNES SONT PLUS RÉCEPTIFS

« Les Canadiens manifestent un intérêt évident à l’égard de l’IR et souhaitent en savoir plus à ce sujet. Il incombe donc aux gestionnaires d’actifs, aux associations sectorielles, aux conseillers et aux organismes de réglementation de mieux les informer en la matière afin qu’ils puissent prendre des décisions éclairées », souligne Melanie Adams, vice-présidente et chef, Gouvernance et investissement responsable à RBC.

L’enquête d’opinion montre également que les investisseurs ne croient pas qu’ils auraient à faire de compromis en matière de rendement s’ils optaient pour des produits basés sur des critères ESG. Ainsi, 81 % des répondants croient que l’investissement responsable offre des rendements équivalents (62 %), voire supérieurs (19 %) à l’investissement traditionnel. À noter que 30 % des jeunes investisseurs (âgés 18 à 34 ans) sont de cet avis.

« LES GENS VEULENT EN SAVOIR DAVANTAGE »

Résultat : l’investissement responsable devrait connaître une croissance soutenue au cours des prochaines années. Seul bémol, rappelle RBC, même si 63 % des investisseurs expriment de l’intérêt à son égard, seuls 30 % d’entre eux prévoient agir en ce sens au cours des cinq prochaines années. L’institution financière attribue cet écart au manque d’information des consommateurs, ainsi que par le fait qu’ils ignorent comment concrétiser leur intérêt. Une bonne nouvelle, cependant : le sondage révèle que 40 % des jeunes investisseurs (de 18 à 34 ans) consacreront « probablement » une plus grande partie de leur portefeuille à l’investissement responsable au cours des cinq prochaines années, soit une proportion supérieure à celles de leurs homologues plus âgés.

Globalement, le manque de connaissances sur cette question est le principal motif mis en avant par 31 % des sondés pour justifier le fait qu’ils n’aient pas l’intention de s’adonner à l’investissement responsable. À noter que les femmes (42 %) et les 18-34 ans (38 %) sont les plus nombreux à citer ce motif, ce qui semble à première vue paradoxal puisqu’il s’agit précisément des deux groupes où s’exprime le plus d’intérêt pour l’IR.

Le sondage révèle en outre qu’une écrasante majorité (89 %) des répondants ayant discuté d’investissement responsable avec leur conseiller ont finalement obtenu de celui-ci une recommandation en la matière. Interrogés sur le fait de savoir s’ils avaient abordé ce thème avec lui, les investisseurs âgés de 18 à 34 ans (45 %) et ceux de Colombie-Britannique (46 %) et du Québec (38 %) ont été les plus nombreux au pays à répondre par l’affirmative.

CHANGEMENTS CLIMATIQUES ET CAUSES SOCIALES

Enfin, l’étude revient sur les motivations qui animent les adeptes de l’IR. Lorsqu’on leur demande à quel point il est important que les sociétés dans lesquelles ils placent leur argent agissent de manière responsable, 86 % d’entre eux répondent que cela est « très important » ou « assez important » à leurs yeux. En particulier, 42 % des jeunes investisseurs (de 18 à 34 ans) indiquent que cette question est pour eux « très importante ».

De même, les investisseurs accordent beaucoup d’importance aux causes environnementales. Pour près de la moitié (45 %) d’entre eux, les changements climatiques et la raréfaction de l’eau, par exemple, sont les thèmes qui comptent le plus lorsqu’il est question d’investissement responsable. Près du tiers (32 %) des répondants citent également des causes sociales, telles la santé et la sécurité, les droits de la personne ou l’incidence sur la collectivité, comme étant les plus importantes en matière d’IR, tandis que 10 % mettent en avant les enjeux liés à la bonne gouvernance, notamment la diversité dans les conseils d’administration et la rémunération des chefs de la direction.

Le sondage a été réalisé en ligne par Ipsos en août 2019 auprès de 1 500 particuliers canadiens qui investissaient durant cette période ou envisageaient de le faire au cours des deux années à venir. Ces personnes ont été sondées de manière uniforme selon leur niveau d’actif (inférieur à 25 000 $; de 25 000 à 100 000 $; de 100 000 à 250 000 $; supérieur à 250 000 $). Les données de l’enquête ont ensuite été pondérées par âge, sexe et région, ainsi que par niveau d’actif afin de fournir un échantillon représentatif de la population d’un océan à l’autre.