Boulet de prisonnier.
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Selon Statistique Canada, le ratio de la dette des ménages par rapport à leur revenu disponible est passé de 173,2 % au deuxième trimestre à 173,8 % au troisième trimestre, indique Desjardins.

Dans une note de synthèse publiée vendredi, Benoit P. Durocher estime que cette hausse est due à une croissance trimestrielle de la mesure du revenu disponible (+0,7 %) plus faible que celle du crédit aux ménages (+1 %).

Toujours au troisième trimestre, les paiements associés aux emprunts des ménages (remboursement de capital et versement d’intérêt) se sont élevés à 192,4 G$. Résultat, ces paiements par rapport au revenu disponible, soit le ratio du service de la dette, ont atteint 14,51 % durant cette période, « s’approchant ainsi un peu plus du sommet historique de 14,95 % », note l’économiste principal du Mouvement.

REMONTÉE DES TAUX D’INTÉRÊT DIRECTEURS

Des chiffres que l’analyste juge « décevants », puisqu’« une légère réduction du taux d’endettement des ménages » était au contraire attendue pour les mois de juillet, d’août et de septembre. À l’époque, les données mensuelles « témoignaient d’une croissance moins rapide de l’encours du crédit alors que l’évolution des salaires des Canadiens était un peu plus rapide », explique Benoit P. Durocher.

Notant que le phénomène « ne s’est pas reflété comme prévu » par rapport aux mesures utilisées dans le calcul du taux d’endettement, l’économiste souligne « à quel point les ajustements sont lents à se matérialiser » dans ce domaine. La raison? « Les hausses de taux déjà décrétées ne se sont pas encore complètement transmises » et, selon ses estimations, le taux d’intérêt moyen sur les emprunts des ménages s’élevait à 4,37 % au troisième trimestre, soit une hausse de 49 points de base par rapport au creux du troisième trimestre de 2016.

À la lumière de ces résultats, « la vigilance concernant l’endettement élevé des ménages demeure de mise », juge Benoit P. Durocher. « Cela devrait inciter la Banque du Canada à poursuivre la remontée des taux d’intérêt directeurs vers un niveau neutre jugé moins expansionniste. Le rythme du resserrement monétaire devra cependant demeurer graduel, car chaque augmentation des taux (…) prend visiblement plusieurs trimestres avant de pleinement se transmettre aux ménages », conclut l’économiste.