Courbe sur un graphique sur lequel il est écrit "inflation".
Photo : JLGutierrez / iStock

Les Canadiens s’inquiètent de la hausse du coût de la vie, mais aussi de la manière dont l’inflation est mesurée.

Un grand nombre de citoyens croient que l’augmentation des prix des biens et des services a été supérieure aux estimations de la Banque du Canada (BdC), indique une enquête de la banque centrale menée auprès des Canadiens au cours des deux dernières années.

La BdC effectue cette enquête tous les cinq ans à travers une consultation en ligne, des groupes de discussion, des tables rondes et des invitations à soumettre des communications écrites.

La cible d’inflation de 2% fixée par la BdC a été surpassée dans la réalité, selon un grand nombre de participants à l’enquête. Ceux-ci disent avoir observé une hausse des prix supérieure sur leurs factures d’épicerie et leurs additions au restaurant, dans leurs dépenses courantes comme les services publics et l’ameublement, et en matière de frais de transport.

Des participants aux groupes de discussion et aux tables rondes ont précisé que l’indice des prix à la consommation (IPC), utilisé pour mesurer l’inflation au Canada, ne reflétait fidèlement ni la hausse du coût de certains biens et services, par exemple les prix des aliments dans les régions éloignées et le coût des études, ni la croissance des prix du logement dans l’ensemble du pays.

Or, l’enquête montre aussi que les inquiétudes des Canadiens sont largement liées à la hausse des prix. Les participants aux groupes de discussion craignent que le coût du logement en milieu urbain augmente à un rythme largement supérieur au taux d’inflation cible de 2 %. Ils redoutent également que ce coût du logement progresse plus rapidement que les salaires.

La question du coût du logement est essentielle en matière d’inégalités entre les Canadiens. Les participants craignent que cela accentue le clivage entre riches et pauvres, nuisant à la cohésion sociale.

Des participants disent avoir réduit leurs dépenses pour se concentrer sur les biens et services les plus essentiels. Ils se sont dit favorables au maintien de l’inflation à un niveau bas et stable, permettant de prévoir avec davantage de certitude leurs dépenses à venir, à court comme à long terme.

La plupart des participants se sont montrés favorables au maintien d’une politique de ciblage de l’inflation, estimant qu’elle est plus facile à comprendre et plus réalisable compte tenu des moyens dont dispose la BdC. Une autre approche consisterait à cibler à la fois l’inflation et l’emploi, mais plusieurs participants ont peiné à voir le lien entre les deux.