Le nombre d’acheteurs de maisons victimes de pirates informatiques au moment de régler leur transaction sur le Web a été multiplié par plus de 10 entre 2015 et 2017 aux États-Unis, et les pertes par plus de 20, rapporte l’Agence France-Presse.

Citant des données publiées par le FBI, l’AFP relève que durant la seule année dernière, quelque 10 000 personnes ayant subi ce genre d’attaques ont déposé plainte, et ce, pour des pertes cumulées de 56 millions de dollars américains.

L’agence de presse cite notamment le cas d’un couple vivant dans le Colorado qui avait effectué un virement électronique de 272 000 dollars et qui a tout perdu en l’espace de quelques heures après que des cyberpirates ont réussi à pénétrer dans sa boîte de courriel, modifié les données bancaires qui s’y trouvaient et dérobé l’argent destiné à l’achat d’une propriété. Finalement, les deux retraités ont quand même pu signer un accord amiable avec leur agent immobilier et leur institution financière.

« L’IMMOBILIER EST DEVENU UNE CIBLE DE CHOIX »

L’AFP souligne que le secteur immobilier constitue désormais « une cible de choix » pour les pirates informatique, d’une part car ceux-ci n’ont guère de difficultés à s’introduire dans des systèmes électroniques souvent mal sécurisés, et d’autre part, parce que les montants potentiels qu’ils peuvent espérer dérober sont considérables.

« Dans ces dossiers, le hacker connaît tous les détails de la transaction, des choses complètement confidentielles », note Me Ian Hicks, un avocat habitué à traiter ce genre d’affaires interrogé par l’agence de presse. Si l’on en croit Sherrod DeGrippo, de la firme spécialisée en sécurité informatique Proofpoint, l’immobilier serait particulièrement prisé des voleurs, car les personnes qui y travaillent « ne sont pas les plus férues de technologie ».

L’AFP précise que si le secteur immobilier ne représente aujourd’hui qu’une infime partie de la fraude aux virements électroniques, ce type d’arnaque a néanmoins des conséquences « particulièrement catastrophiques » pour les personnes qui en sont victimes. « La perte peut être dévastatrice et détruire des vies », assure Me Ian Hicks.

« LES BANQUES NE PEUVENT PAS GRAND-CHOSE »

Selon Sherrod DeGrippo, ce genre de cyberattaques proviendrait souvent de l’étranger, notamment de Russie et de pays africains.

Bien que les institutions financières traditionnelles possèdent des systèmes de contrôle « très solides », elles ne peuvent le plus souvent rien faire pour déjouer les arnaques provenant de courriels piratés, reconnaît de son côté Paul Benda, spécialiste en cybersécurité auprès de l’American Bankers Association.

En effet, poursuit-il, lorsqu’une banque « reçoit un ordre de virement de la part d’un client, sa responsabilité est de l’envoyer là où c’est indiqué ». Sa conclusion? Il peut ensuite être très difficile, voire impossible, de récupérer l’argent, surtout s’il se trouve à l’étranger.