Une maison rouge entourée de plusieurs maisons blanches.

Le prix reste le critère d’achat central dans l’immobilier au Canada et moins d’acheteurs qu’avant se risquent à payer le prix le plus élevé qu’ils peuvent se permettre. Ces deux constats sont tirés de la plus récente Enquête auprès des emprunteurs hypothécaires de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), publiée vendredi. 

Pas moins de quatre acquéreurs d’une propriété sur cinq ont affirmé que le prix et l’abordabilité constituaient les deux critères d’achat principaux. Le nombre de pièces (73 %) et la proximité du transport en commun (67 %) comptaient aussi beaucoup.

Par ailleurs, 60 % des acheteurs ont payé le prix le plus élevé qu’ils pouvaient se permettre, une baisse importante par rapport aux 78 % qui l’avaient fait l’année précédente. La tendance à la hausse des taux hypothécaires est peut-être en cause. En octobre, le taux pour une hypothèque de cinq ans atteignait 5,54 %, en hausse de 0,55 % sur un an, rappelait récemment Paul Cardinal, directeur de l’analyse du marché à la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ). 

PRESSION SUR LES FINANCES

Alors qu’elle était de 19 % en 2018, la proportion d’emprunteurs hypothécaires dont l’endettement est plus élevé que prévu est passé à 23 % en 2019. Preuve que l’achat d’une maison pèse lourd sur les finances personnelles, presque six acheteurs sur dix (59 %) ont réduit leurs dépenses non essentielles depuis qu’ils sont devenus propriétaires. Les dépenses de divertissement (66 %), de vacances (55 %) et d’alimentation (44 %) ont été les principales victimes des compressions. Malgré tout, 87 % des répondants se disaient optimistes quant à leurs perspectives financières à long terme et n’envisageaient pas de difficultés à rembourser leur prêt hypothécaire. 

Par ailleurs, la nouvelle règle hypothécaire reposant sur un « test de résistance » plus serré serait efficace, selon les répondants. Ils sont 65 % à croire qu’elle empêchera un plus grand nombre de Canadiens de se mettre les pieds dans les plats en contractant un montant de prêt hypothécaire trop élevé pour leurs moyens financiers. 

LOCATAIRES PLUS LONGTEMPS

Par ailleurs, des données de la SCHL laissent croire que les gens sont plus nombreux à partager un logement en location avant d’acheter une propriété, et qu’ils restent locataires plus longtemps. En 2019, 44 % des acquéreurs louaient un logement avec leur famille ou des amis avant d’acheter, contre 28 % en 2018. Et près d’un tiers des acheteurs (31 %) avaient été locataires pendant dix ans ou plus, contre 22 % l’an dernier. 

Le rapport est basé sur les réponses de 1 385 emprunteurs hypothécaires récents de partout au Canada. Tous étaient les principaux décideurs dans leur ménage et avaient réalisé une transaction hypothécaire dans les 12 mois précédents. Près de la moitié (47 %) n’étaient pas propriétaires avant de faire cet achat.

DE L’AIDE CONTRE L’INCERTITUDE

Enfin, près de la moitié des acheteurs (47 %) ont utilisé des ressources en ligne et hors ligne pour trouver des renseignements sur les prêts hypothécaires et l’achat d’une propriété, alors que 30 % n’ont utilisé que des ressources en ligne. Ces dernières étaient les sites Web des courtiers en prêts hypothécaires (21 %) et des prêteurs (45 %), les outils de comparaison des taux d’intérêt (87 %) et des calculateur hypothécaires (82 %). Les médias sociaux restaient utilisés par seulement 29 % des acheteurs. 

Lors du processus d’achat, les répondants ont été plus nombreux cette année à être en contact avec un agent immobilier (78 %), un prêteur hypothécaire (74 %) ou un courtier en prêts hypothécaires (49 %). Cela viendrait d’une augmentation de la proportion d’acheteurs qui ressentaient de l’inquiétude ou de l’incertitude par rapport à cet achat, passé de 37 % en 2018 à 42 % en 2019.

On peut lire l’ensemble du rapport ici.