Homme d'affaires en équilibre debout sur un ours et un taureau, au-dessus d'un ravin.
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Le rebond marqué des Bourses nord-américaines depuis leur creux la veille de Noël est un développement encourageant pour les investisseurs, mais beaucoup craignent encore un possible retour de balancier.

Malgré un début d’année flamboyant pour les Bourses américaines et canadiennes, les investisseurs restent méfiants, note ainsi Dominique Beauchamp, « la sentinelle de la Bourse » du journal Les Affaires.

Elle souligne ainsi que les experts sondés par la Bank of America Merrill Lynch ne pensent pas que le regain de 18 % des huit dernières semaines puisse durer et l’encaisse en portefeuille reste à des sommets historiques.

Alors que le S&P 500 a gagné 7 % en cinq semaines, retrouvant ainsi le multiple moyen de 16,5 fois les bénéfices prévus des cinq dernières années, selon Matt Maley, stratège de Miller Tabak + Co, les prévisions reculent encore. Le chef des actions de Morgan Stanley, Mike Wilson, qui avait prévu pour la première fois une contraction de la croissance des bénéfices en 2018, a ramené ses prévisions de croissance du bénéfice par action du S&P 500 pour 2019 à 1 %, contre 4,3 %.

« Pour l’instant, le consensus table sur un déclin de 0,3 % des bénéfices du S&P 500 au premier trimestre de 2019, pour la première fois en trois ans », écrit Dominique Beauchamp.

Selon les analystes sondés par la Bank of America Merrill Lynch, ce recul au premier trimestre serait suivi de deux trimestres de croissance de 3 % et d’un dernier sursaut de 9,5 % au dernier trimestre de l’année.

Cependant, Mike Wilson estime que ces attentes sont irréalistes, à moins d’une bonne reprise mondiale qui surviendrait au plus tard cet été.

La situation est similaire à celle du marché américain du côté du S&P/TSX. Martin Roberge, stratège de portefeuille et analyste quantitatif à Canaccord Genuity, estime que la croissance prévue de 9,7 % pour 2019 est irréaliste, en particulier pour les secteurs de l’énergie, des mines et de l’industrie, rapporte Dominique Beauchamp. Son cours-cible est de 16 000 pour le S&P/TSX à la fin de 2019, soit 1 % de plus que le cours actuel.

DES MENACES POUR L’ÉCONOMIE

Liz Ann Sonders, stratège en chef chez Charles Schwab, énumère quant à elle les menaces potentielles pour l’économie en 2019. Selon elle, les investisseurs devraient garder un œil sur les accords commerciaux. Elle estime que les nouvelles positives concernant la possible fin de guerre commerciale avec la Chine sont peut-être exagérées et met en garde les investisseurs contre d’autres conflits commerciaux potentiels.

Elle rappelle que le nouvel accord de libre-échange entre le Canada, le Mexique et les États-Unis n’a pas encore reçu l’aval du Congrès et que de nouveaux accords devraient avoir lieu entre le Japon et les États-Unis ainsi qu’entre l’Europe et les États-Unis.

L’experte de Charles Schwab craint également que les investisseurs sous-estiment l’ampleur du ralentissement mondial et qu’ils croient que la Réserve fédérale ne procédera plus à d’autres hausses de taux en 2019. Même si la Fed a annoncé que d’autres hausses ne sont pas envisagées dans l’immédiat, cela ne veut pas dire qu’elle restera toute l’année sur la touche.