une femme et un homme d'affaire courant chacun vers un tas de pièces. Celui de la femme est bien plus petit que celui de l'homme.
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Les femmes arrivent à la retraite en ayant épargné 30 % de moins que les hommes, révèle le deuxième baromètre annuel du degré de préparation à la retraite de Mercer.

Elles disposent donc d’un revenu de retraite inférieur pour profiter de cette étape de la vie. Et comme leur espérance de vie est plus grande, elles doivent travailler deux ans de plus que les hommes pour disposer de moyens suffisants pour leur retraite.

Leur déficit du taux d’épargne s’élève à près de 1 %, une situation qui s’explique notamment par l’écart de rémunération persistant entre les sexes et de plus fréquentes interruptions de carrière dues à la venue d’un enfant ou pour s’occuper d’un parent malade. En période de pandémie, ce dernier facteur s’est accentué, ce qui nuit encore plus à leur épargne-retraite.

Le baromètre de Mercer, basé sur l’analyse de 14 000 soldes de comptes de régimes de revenu de retraite collectifs, constate qu’en moyenne, les hommes ont épargné 100 000 $ en vue de leur retraite, alors que les femmes ont seulement épargné 70 000 $.

Mercer a aussi analysé 600 000 autres comptes de participants de régimes. Cette analyse a révélé que, sur une période de cinq ans, le rendement des placements des femmes était égal, ou supérieur, à celui des hommes. Celles-ci optent davantage pour des solutions diversifiées ce qui leur rapporte plus. Cela ne suffit toutefois pas à combler le déficit.

LE RÔLE DE L’EMPLOYEUR

« Selon notre analyse, même si elles font tout ce qu’il faut en matière d’épargne, les femmes disposent d’une épargne-retraite inférieure à celle des hommes en raison de facteurs structurels, affirme Jillian Kennedy, membre du partenariat et responsable du domaine Mieux-être financier de Mercer. Il incombe aux employeurs de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour résoudre le déficit d’épargne-retraite. »

Parmi les mesures à mettre en place, ils peuvent commencer par effectuer un diagnostic de préparation à la retraite, qui examine le degré de préparation de l’ensemble de la main-d’œuvre de l’organisation, soit les hommes, les femmes, tant les jeunes que les plus vieux.

Les défis face à la retraite dépendent de chacun, mais réduire l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes serait un premier pas pour améliorer le mieux-être financier des femmes.

Les employeurs devraient aussi revoir la conception de leur régime en procédant à un examen de la compétitivité des frais payés par les participants et s’assurer que leur régime tient compte des réalités du décaissement dans un contexte d’incertitude sur le plan économique.

Sensibiliser les employés aux outils d’épargne, les informer sur une base régulière sur les particularités du programme en place et même lui faire prendre un virage numérique pourrait plaire davantage aux utilisateurs. Enfin, les employeurs doivent mettre en place des politiques de placement intelligentes, notamment en orientant par défaut les employés vers des fonds à date cible ou vers d’autres solutions de placement qui répondent aux besoins des employés.

Ils ne doivent pas oublier que les inquiétudes face à la retraite peuvent nuire à la productivité des employés et conséquemment aux résultats financiers de l’entreprise. Aider leurs employés à planifier leur avenir financier aura donc un impact positif pour l’employeur aussi.