Un escalier fait en blocs, sur lesquels est dessiné le signe de pourcentage. Une flèce en bois est posée dessus indiquant le haut.
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Alors que les effets de la hausse des taux d’intérêt se font sentir dans l’économie, les grandes banques seront probablement soumises à une pression croissante au cours de l’année à venir, selon DBRS Morningstar.

Dans un nouveau rapport, l’agence de notation indique que les grandes banques sont confrontées à la perspective d’une détérioration de leurs performances financières et de la qualité de leur crédit en 2023, en raison de l’impact différé du resserrement de la politique monétaire et de la diminution des liquidités.

Alors que la hausse des taux profite généralement aux marges d’intérêt nettes des banques, l’augmentation importante des coûts du service de la dette devrait entraîner une hausse des pertes de crédit, d’après l’agence.

Selon le rapport, en 2022, le revenu d’intérêt net total des six grandes banques et de Desjardins a augmenté de 10,2 % en moyenne, mais cette hausse a été largement compensée par l’augmentation des provisions pour pertes sur créances et des dépenses opérationnelles.

Et, alors que les provisions pour pertes sur prêts ont augmenté en 2022, le déclin des conditions de crédit « pourrait être plus prononcé en 2023, affirme le rapport, tandis que les coûts d’emprunt plus élevés et un ralentissement économique et/ou une récession font sentir leurs effets sur les entreprises et les consommateurs fortement endettés. »

DBRS a indiqué « observer des signes de faiblesse sur le marché, notamment un ralentissement du marché du logement et des filières de demandes de prêts hypothécaires résidentiels et commerciaux ».

Et, comme la croissance des prêts s’effondre, la concurrence pour les nouveaux prêts devrait s’intensifier, ce qui pourrait exercer une pression sur les rendements des actifs, indique le rapport.

En outre, les coûts de financement des banques devraient augmenter, les dépôts passant des dépôts à vue, moins coûteux, aux dépôts à terme.

Les revenus des marchés de capitaux des banques pourraient souffrir d’un environnement opérationnel plus faible, lit-on dans le rapport.

« De l’avis de DBRS Morningstar, la pression financière et de crédit sur le secteur bancaire canadien pourrait augmenter à partir de l’environnement actuel », rapporte Shokhrukh Temurov, vice-président des institutions financières nord-américaines chez DBRS Morningstar, dans un communiqué.

Malgré les conditions plus sombres, DBRS estime que les effets devraient être gérables, compte tenu des bilans et des positions de capital solides des banques.

« Grâce à leurs solides réserves de capital et de liquidités, les banques canadiennes sont bien placées pour faire face aux défis à venir », conclut Shokhrukh Temurov.