Jeune homme les poches de jeans vides.
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Le marché de l’emploi peine à se redresser depuis le ralentissement causé par la pandémie. Selon un rapport de CIBC, les jeunes et les travailleurs à bas salaires sont les plus à risque de souffrir d’un tel ralentissement, rapporte Investment Executive.

Les économistes Benjamin Tal et Katherine Judge estiment que les emplois mal rémunérés représentent 80 % du nombre total d’emplois perdus depuis février.

« Après quatre mois d’une forte reprise, les heures travaillées pour ceux qui gagnent moins de 16 $ de l’heure sont encore 20 % en dessous de leur niveau d’avant la récession, indiquent-ils dans le rapport. Et le nombre de ceux qui gagnent plus de 40 dollars de l’heure a augmenté depuis le début de la crise. »

Les jeunes âgés de 15 à 24 ans ne représentaient que 10 % du marché du travail avant la pandémie de la COVID-19, pourtant cette tranche d’âge enregistre 35 % des emplois perdus depuis février.

L’augmentation de l’épargne des ménages pendant la pandémie peut être expliquée par cet écarts des effets ressentis par les salariés à hauts salaires et les salariés à bas salaires, notent les auteurs. Statistique Canada a signalé que le ratio dettes/revenu des Canadiens a diminué au deuxième trimestre.

« Cette performance asymétrique explique également en grande partie la forte reprise du marché de l’habitation, puisque bon nombre des travailleurs à faible revenu qui ont perdu leur emploi étaient locataires », indique le document de la CIBC.

Près des deux tiers des trois millions d’emplois perdus entre février et avril ont été récupérés, mais le rythme de la reprise devrait ralentir à environ 50 000 emplois par mois, contre une moyenne de 477 000 par mois depuis avril. Cela signifie qu’il faudra attendre 2022 pour un rétablissement complet.

« Le facteur peur reprenant son élan à l’automne et atteignant son apogée en hiver, les gains à venir en matière d’emploi seront limités », indique le rapport.

Le mois dernier, un rapport de TD Economics révélait que les gains en emploi étaient concentrés dans certaines industries et prévoyait que la prochaine phase de reprise de l’emploi serait plus cahoteuse.

Statistique Canada publiera jeudi son enquête sur la population active de septembre.

Cet article a initialement été publié par Investment Executive. Traduction et adaptation par Siham Lebiad.