Signe de dollar qui s'efface graduellement.
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Encore une fois, la pandémie a contrecarré les plans du gouvernement Trudeau. Ce budget devait être celui de la relance, d’un monde post-pandémie vert et progressiste. Mais environ un dollar sur trois des nouvelles dépenses est encore coincé par la pandémie.

Parmi les nouvelles dépenses totalisant 101,4 milliards de dollars (G$) sur trois ans, ce sont 32,2 G$ qui sont consacrés à « soutenir les Canadiens et les entreprises jusqu’à la relance ».

Dans la course qui oppose les variants et les vaccins, le gouvernement canadien a préféré user de prudence en prolongeant la subvention salariale pour les entreprises et l’aide au loyer commercial jusqu’à la fin septembre, avec la possibilité de prolonger jusqu’en novembre.

Un nouveau programme viendra faire son apparition: le Programme d’embauche pour la relance économique du Canada, qui s’étendra de juin à novembre et devrait favoriser les nouvelles embauches.

Et les prestations, qui ont permis aux Canadiens de recevoir 500 $ par semaine alors qu’ils devaient s’isoler ou prendre soin d’un proche affecté par la COVID-19, seront prolongées de plusieurs semaines.

En déposant son budget, lundi après-midi, la ministre des Finances, Chrystia Freeland, a promis que le gouvernement fédéral sera prêt à faire « tout ce qu’il faut » pour aider les Canadiens.

« Ce budget vise à finir la lutte contre la COVID. Il vise à guérir les blessures économiques découlant de la récession causée par la COVID. Il vise également à créer plus d’emplois et de la prospérité pour les Canadiens et les Canadiennes dans les jours et les décennies à venir », a-t-elle dit lors de son discours.

Le budget fédéral prévoit aussi jusqu’à 30 G$ sur cinq ans, puis 8,3 G$ par année par la suite – pour mettre sur pied un système national de garderies accessible et abordable partout au Canada.

Ce plan vise à réduire en moyenne de 50 % les frais des services de garde réglementés d’ici 2022 et d’atteindre des frais de 10 $ par jour en moyenne d’ici 2026, partout à l’extérieur du Québec. Le Québec, qui dispose déjà de son propre programme, pourra recevoir sa part de la cagnotte.

La ministre Freeland a rappelé qu’elle avait deux ans lorsque la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme a exhorté le Canada à établir un système universel de garde des jeunes enfants.

« Ce combat d’un demi-siècle témoigne de la difficulté et de la complexité de cette tâche. Mais, cette fois-ci, nous allons y parvenir. Le présent budget est notre carte et notre point de départ », a-t-elle dit.

Ce n’est pas la seule mesure sociale phare. Le gouvernement fédéral viendra aussi établir un salaire minimum de 15 $, lutter contre la violence fondée sur le genre et le racisme systémique et investira des sommes historiques pour les peuples autochtones et la réconciliation.

Les espaces de bureaux, laissés vides par la pandémie, seront reconvertis en nouveaux logements abordables. Le gouvernement fédéral espère aider à construire ou réparer 35 000 logements.

Puis, il y a l’aide pour préparer l’économie de l’avenir. Le gouvernement fédéral investira pour aider les entreprises canadiennes à devenir plus innovatrices et à croître, notamment dans les nouvelles technologies. Il compte aussi accélérer la transition verte à grands coups de milliards.

La ministre Freeland soutient que le Canada peut se permettre de dépenser autant d’argent pour mettre en œuvre ces mesures et investir dans la croissance.

Le Canada avait prévu un déficit de 381,6 G$ en 2020-2021 lors de la mise à jour économique, l’automne dernier; le déficit a été revu à la baisse à 354,2 G$, ce qui est nettement inférieur aux prévisions du gouvernement fédéral grâce à une relance économique plus forte que prévu.