L’écrasante majorité des économistes prévoient que la Banque du Canada (BdC) annoncera mercredi une augmentation de son taux directeur de 25 points de base, qui passerait ainsi à 1,75 %, selon un sondage de Finder Canada.

Publiée vendredi, cette enquête d’opinion montre que huit des neuf économistes (89 %) interrogés par la firme penchent en faveur de cette hypothèse, tandis que les deux tiers d’entre eux (67 %) anticipent une nouvelle hausse des taux lors de la réunion de la banque centrale qui aura lieu le 9 janvier prochain.

Après avoir consulté « neuf des plus brillants économistes du pays », Finder Canada indique que seule l’une d’entre eux, Pamela Meyer, analyste à la municipalité de Calgary, pense que la BdC maintiendra son taux au niveau actuel, « parce que le pays a besoin d’un retour plus soutenu de la croissance économique avant que des hausses de taux importantes ne se produisent ».

« LA CONCLUSION DE L’AEUMC A DISSIPÉ LES INCERTITUDES »

Au contraire, ses huit autres collègues anticipent tous une hausse, et ce, pour deux raisons principales. D’une part, ils estiment qu’une croissance économique robuste et la tendance à la hausse de l’inflation, qui dépasse le taux cible fixé par les autorités, permettront à la banque centrale de continuer à relever ses taux; d’autre part, ils rappellent que les responsables politiques viennent de conclure l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC), ce qui est une bonne nouvelle pour la santé économique du continent.

Économiste à ATB Financial, Nick Ford souligne ainsi que l’« inflation est supérieure à la cible fixée par la BdC » et que « la croissance économique est en plein essor ». En outre, ajoute-t-il, « la signature récente de l’AEUMC a permis de dissiper nombre d’incertitudes concernant les perspectives économiques canadienne ».

De son côté, Craig Alexander, économiste en chef à Deloitte, juge que « le ralentissement de l’économie est en train de se résorber, ce qui représente des risques d’inflation à moyen terme si la politique monétaire n’est pas progressivement rééquilibrée ». Enfin, Alicia Macdonald, économiste principale au Conference Board du Canada, croit quant à elle qu’« une croissance robuste et un taux d’inflation supérieur à l’objectif permettront à la Banque du Canada de continuer à relever ses taux d’intérêt ».

L’ABORDABILITÉ DES MAISONS RISQUE DE SE DÉGRADER

Invités par Finder Canada à indiquer quelles étaient leurs perspectives pour les six prochains mois à propos de cinq indicateurs économiques, cinq des neuf spécialistes (56 %) se déclarent optimistes dans le domaine de l’emploi, tandis qu’ils se montrent davantage pessimistes en ce qui concerne l’accessibilité à la propriété (44 % jugent que la situation risque de se dégrader) et en matière d’endettement des ménages.

Le site spécialisé en finances personnelles a par ailleurs interrogé les économistes au sujet de l’incidence potentielle de la propriété étrangère sur le marché immobilier d’un océan à l’autre, en particulier dans les centres-villes. Résultat : une majorité d’entre eux indiquent que, d’après eux, cette influence serait « relativement insignifiante » étant donné que la proportion d’acheteurs étrangers ne représente qu’une faible proportion de l’ensemble du marché national.

Vice-président directeur de la recherche et de la stratégie au sein du groupe QuadReal Property, Carl Gomez croit cependant que « si le pourcentage de propriété étrangère est faible, il faut noter que dans l’immobilier, la tarification à la marge est importante et que ce phénomène risque d’affecter la psychologie du marché, en particulier dans certaines zones géographiques, par exemple Vancouver ».

« MAGASINER POUR TROUVER UNE OFFRE PLUS AVANTAGEUSE »

« Avant la précédente réunion de la Banque du Canada, le mois dernier, 75 % des économistes que nous avions interrogés avaient prédit que la prochaine hausse des taux se produirait lors de la réunion du 24 octobre. Il semble que nos panélistes aient maintenu ce sentiment puisqu’une vaste majorité d’entre eux continuent à anticiper une augmentation », commente Michelle Hutchison, porte-parole de Finder Canada.

« Une hausse des taux d’intérêt signifie que plusieurs emprunteurs vont devoir faire face à des remboursements plus élevés sur certaines de leurs dettes en souffrance. Les consommateurs qui craignent une augmentation de leurs remboursements hypothécaires ou de leurs autres dettes ont plus que jamais intérêt à examiner à la loupe leurs finances. Cela leur permettra de voir s’il n’existerait pas des domaines dans lesquels ils pourraient faire des économies, notamment en magasinant auprès d’autres prêteurs qui pourraient leur faire une offre plus avantageuse », conclut Michelle Hutchison.