À l’approche de la fin de l’année, il est déjà possible de jeter un regard sur les éléments qui influenceront le paysage de l’investissement en 2022. Une chose est sûre : l’inflation et la politique américaine seront au cœur des préoccupations.

L’inflation et la reprise de l’économie ont été au centre des conversations en 2021. Si ces thèmes demeureront importants en 2022, d’autres influenceront fortement l’environnement financier.

L’inflation finit l’année à un rythme jamais vu depuis le début du siècle. Et la hausse des prix pourrait rester entretenue par l’affaiblissement de l’offre d’automobiles, en raison de la pénurie de composants électroniques. Les automobiles neuves, d’occasion et de location pourraient voir leurs prix se maintenir à des niveaux élevés. Par ailleurs, les prix du pétrole devraient rester soutenus en raison de la limitation de la production de l’or noir, conformément au programme mis en œuvre par le président américain, Joe Biden, rapporte Investopedia.

L’impact de la Grande Démission continuera de se faire sentir sur l’économie américaine, poussant les salaires à la hausse. Cela pourrait stimuler l’inflation, mais aussi créer des goulots d’étranglement dans l’offre de biens et services.

Parallèlement, la reprise économique s’étant confirmée, la Réserve fédérale américaine (Fed) s’apprête à réduire ses achats nets d’obligations, passant de 120 milliards de dollars (G$) par mois à zéro d’ici le milieu de l’année 2022. Son portefeuille d’obligations de 8 500 G$ demeurera dix fois plus élevé qu’avant la crise financière de 2008. Et la banque centrale américaine conservera une politique accommodante. Il faudra également suivre les décisions de Joe Biden concernant la Fed : le président américain pourrait pourvoir quatre des sept sièges du conseil de la banque centrale, et décider de la prolongation ou non du mandat de son président, Jerome Powell.

Aux États-Unis, la question de la dette sera une fois de plus au centre des préoccupations en 2022. Les tensions politiques autour du plafond de la dette fédérale pourraient réapparaître l’an prochain, à l’approche des élections de mi-mandat.

La mise en œuvre de la politique antitrust de Joe Biden, combinée à l’entrée en application de l’harmonisation mondiale du seuil d’imposition des grandes entreprises à 15 % pourraient rebattre les cartes parmi de grandes valorisations boursières. Les multinationales pourraient revoir leurs choix de domiciliation. Certaines pourraient voir le gouvernement américain prendre des mesures pour renforcer la concurrence sur leurs marchés.

D’autres sociétés pourraient voir leur modèle être bousculé, notamment les plateformes de courtage direct, comme RobinHood. La Securities and Exchange Commission (SEC) envisage d’interdire le paiement du flux d’ordres (PFOF), accusant les plateformes de conflits d’intérêts en n’assurant pas au consommateur le meilleur ordre au meilleur prix. Si la SEC passe à l’action, la spéculation des investisseurs autonomes pourrait être freinée.