Incertitude, questionnement
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Après le discours très attendu de Jerome Powell, président de la Réserve fédérale, qui a apaisé la semaine dernière les craintes des investisseurs en matière d’inflation, les marchés boursiers ont à nouveau atteint de nouveaux sommets. Alors que les cas de COVID-19 continuent d’augmenter avec la diffusion du variant Delta, la vigueur des marchés peut-elle se poursuivre cet automne ?

Le S&P 500 et l’indice composite S&P/TSX sont tous deux en hausse d’environ 20 % cette année. Selon un rapport de la Direction des études économiques de BMO, le principal indice américain a enregistré plus de 50 sommets historiques jusqu’à présent, ce qui ne s’est produit que six autres années.

Plus de dix de ces sommets ont été enregistrés en août, un mois généralement faible pour les actions, a précisé l’économiste Priscilla Thiagamoorthy dans une note de recherche publiée le 27 août.

« Alors que les actions abordent l’automne avec une solide dynamique, le variant Delta qui se propage rapidement reste un risque majeur, a-t-elle écrit. Et, bien sûr, septembre est généralement connu comme le pire mois de toute année. Mais, dans une période qui a été tout sauf normale, les tendances peuvent facilement être brisées. »

Un rapport de Patrimoine Richardson a également souligné les périls des prévisions dans un environnement imprévisible.

« L’incertitude est le fléau des marchés et nous en avons connu une dose supérieure à la normale au cours des dernières années », peut-on y lire.

Le degré de certitude plus élevé qui a accompagné les percées en matière de vaccins, la réouverture des économies, les solides bénéfices trimestriels et le maintien du soutien fiscal et monétaire a poussé les marchés à la hausse pendant la majeure partie de cette année, selon le rapport.

« Le reste de l’année sera probablement plus difficile », ont écrit les auteurs, tout en notant que la prévision des rendements est « un exercice d’humilité ».

Il y a un an, le S&P 500 se négociait à 23 fois les bénéfices, ce qui laissait supposer une faible marge de manœuvre pour la croissance, rapportent les auteurs. « Pourtant, aujourd’hui, l’indice S&P a augmenté de 31 %, dividendes compris. Il est certain que les niveaux de valorisation élevés n’ont pas été, à eux seuls, une donnée utile pour les rendements de l’année dernière. »

Selon le rapport de Patrimoine Richardson, les valorisations actuelles devraient toujours être une source d’inquiétude et il sera plus difficile de répéter les performances de l’année dernière. Même les investisseurs qui croient que les économies vont continuer à se rouvrir et qui soutiennent les valorisations actuelles devraient considérer que les rendements forts suivent généralement les rendements faibles. « Étant donné que nous sommes proches du seuil historique supérieur des rendements de suivi, cela ne présage rien de bon pour les rendements futurs. »

Le rapport souligne que le rendement de suivi du Canada et de nombreux autres marchés d’actions est loin d’être aussi élevé que celui du S&P 500, ce qui peut être une bonne raison d’augmenter l’exposition aux actions mondiales et de réduire l’allocation américaine.