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En février, l’indice des prix à la consommation (IPC) a évolué conformément aux attentes des économistes. Depuis ce temps, le coronavirus COVID-19 a surgi et il devient difficile de se faire une idée précise de l’impact qu’il aura sur l’évolution des prix, souligne Desjardins dans cette note récente.

L’IPC a augmenté de 2,2 % en février par rapport à la même période l’an dernier. Il s’agit d’un ralentissement par rapport à janvier, alors que l’inflation était 2,4 % plus élevée qu’en janvier 2019. 

Déjà en février, certaines composantes de l’IPC contribuaient à une baisse de l’inflation. C’est le cas de l’essence (-2,0 %), des fruits frais (-5,1 %), de l’équipement informatique et des dispositifs numériques (-3,8 %), du mazout et des autres combustibles (-7,0 %) ainsi que de la viande (-0,9 %). Desjardins indique que le nombre de composantes avec une inflation plus basse par rapport aux six derniers mois a continué à augmenter. Cela témoignerait de cette pression à la baisse. 

À l’inverse, des composantes avaient contribué à la hausse de l’inflation, comme les voyages organisés (+24,4 %), les véhicules automobiles (+ 1,3 %), les loyers (+ 0,7 %) et les vêtements (+2,1 %). 

OÙ S’ARRÊTERA LA BAISSE?

On comprend facilement que l’émergence du virus risque de mettre à mal certains de ces éléments, en particulier les voyages organisés. Même si le COVID-19 devait être maîtrisé dans les prochains mois, il n’est pas sûr que les gens se précipiteront sur des forfaits de croisière ou d’autres voyages organisés très rapidement. Le transport aérien subit lui aussi de fortes pertes, ce qui pourrait se refléter sur les prix.

Ajoutons à cela le prix de l’essence, fortement à la baisse en raison de décisions prises par la Russie et l’Arabie Saoudite. Rappelons que la Russie a d’abord refusé au début du mois de mars de réduire sa production, malgré une demande en ce sens de l’Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP), alors qu’elle s’alignait sur les décisions de cet organisme depuis 2016. Les Saoudiens n’ont pas tardé à riposter, ouvrant les vannes et annonçant qu’ils réduisaient les prix de leurs barils de pétrole, en plus d’augmenter la production de 25 % dès le 1er avril. Les Émirats arabes unis et le Koweït ont emboîté le pas à Riyad. Si l’on ajoute à cela les incertitudes entourant l’impact de la COVID-19, qui pourrait se traduire par une baisse généralisée de la demande, on peut penser que le prix du pétrole sur les marchés restera assez bas pendant un certain temps.

Selon Desjardins, la question n’est pas tant de savoir si l’inflation continuera de reculer dans les prochains mois, mais jusqu’à quel point. 

DES PRÉVISIONS À REVOIR

Le coronavirus met aussi à mal les projections sur la croissance économique mondiale et sur les résultats des entreprises. L’agence de notation Fitch Ratings réduit ses prévisions de croissance pour 2020 de 2,5 % à 1,3 % et ses attentes face au prix du pétrole brut de 62 à 41 $US le baril. Le PIB mondial pour 2020 devrait plafonner à environ 850 milliards de dollars américains sous la cible précédente de Fitch, selon les nouvelles estimations.

De son côté, l’agence Moody’s a amorcé une révision globale de ses notations d’entreprise en raison des effets de la COVID-19 et de la chute du prix du pétrole, rapporte le Globe and Mail. Une vague massive de décote ou d’avertissements de risque de décote pourrait survenir rapidement. 

La firme a déjà amorcé l’exercice dans les secteurs les plus touchés, tels les compagnies aériennes, les opérateurs de croisières et les pétrolières. Moody’s estime qu’environ 16 % des quelque 2 000 sociétés nord-américaines qu’elle évalue risquent une décote en cas de récession mondiale.