Courbe sur un graphique sur lequel il est écrit "inflation".
Photo : JLGutierrez / iStock

La pandémie de COVID-19 n’est pas encore terminée que, déjà, les gestionnaires de portefeuille voient en l’inflation le pire scénario à venir.

Les impacts directs de la pandémie sur les marchés financiers seront bientôt derrière nous. Mais des conséquences indirectes se feront sentir, et elles inquiètent les gestionnaires de portefeuille.

Au premier rang de ces impacts indirects, on trouve l’inflation. Elle est devenue le facteur le plus inquiétant pour les gestionnaires de portefeuille, selon une enquête menée par Bank of America, citée par CNN Business.

Le retour de l’inflation serait en effet indirectement lié à la pandémie, car ce sont les mesures de relance budgétaires qui risquent de le précipiter.

DE LA RELANCE A LA SURCHAUFFE?

Le Congrès américain ayant adopté le plan de sauvetage de 1 900 milliards de dollars du président des États-Unis, Joe Biden, la croissance de notre voisin du sud pourrait s’élever à 7% en 2021. Ce serait la croissance annuelle la plus rapide depuis près de 40 ans.

Cette perspective explique que 91% des investisseurs américains avertis s’attendent à voir émerger une économie plus forte… de quoi laisser entrevoir un retour de l’inflation. Un tel rythme de croissance pourrait ainsi conduire à une surchauffe de l’économie américaine et à une hausse généralisée des prix.

Les gestionnaires de portefeuille pensent presque unanimement (93%) que l’inflation mondiale partira à la hausse d’ici 2022.

LES RENDEMENTS CONTRECARRÉS ?

Ce retour de l’inflation pourrait pousser la Réserve fédérale (Fed) à relever ses taux d’intérêt ce qui risquerait alors de court-circuiter la reprise économique et la dynamique haussière des marchés financiers.

Face aux inquiétudes, le gouvernement américain tente de rassurer les gestionnaires. Il affirme que l’inflation ne sera pas durablement élevée comme dans les années 1970, quand les chocs pétroliers avaient provoqué une vague mondiale inflationniste.

Selon lui, le chômage devrait limiter les tensions inflationnistes sur les salaires, même en cas de forte reprise de l’économie.

Mais pour les marchés d’actions, la menace vient aussi de la hausse des taux du Trésor américain. Ceux-ci sont passés de 0,3% à 1,6% en un an, pour les taux à dix ans. Et s’ils atteignaient le niveau de 2%, cela pourrait nuire au rendement des actions. On pourrait alors s’attendre à une correction de 10% sur les marchés d’actions, selon l’enquête de Bank of America.