L’augmentation anticipée des taux d’intérêt et un taux d’inflation mondial estimé à environ 3 % créeront un environnement favorable pour les actifs à risques, mais augmenteront la volatilité, a indiqué Michael Greenberg, premier vice-président et gestionnaires de portefeuille chez Franklin Templeton, lors d’un webinaire consacré aux perspectives de placement mondiales pour 2022 le 9 décembre dernier.

L’inflation provoquée par le ralentissement de la production et la perturbation des chaines d’approvisionnement en raison de la COVID-19 continuera d’être un moteur de volatilité. Il faudra attendre la deuxième moitié de 2022 pour voir une amélioration, selon Franklin Templeton.

Alors que les banques centrales de plusieurs pays réduisent leur soutien à l’économie, il ne faudrait pas s’attendre à une forte hausse des rendements obligataires. Les portefeuilles devraient donc être moins exposés aux obligations d’épargne et davantage aux obligations d’entreprises. L’environnement sera propice pour ajouter de la valeur en gestion active.

RETOUR VERS UN MARCHÉ DES ACTIONS PLUS SAIN

Après les bénéfices records des actions en 2021, 2022 devrait sonner le retour à un marché plus sain. La bonne santé de la consommation et la demande accrue pour les services qui découleront de la réouverture de l’économie stimuleront ces derniers. L’environnement sera favorable aux actions. Les bénéfices resteront solides, mais plus stables.

Certains nuages planent toutefois à l’horizon. Si l’inflation reste élevée, les taux d’intérêt devront augmenter plus rapidement, ce qui pourrait déstabiliser le marché. L’apparition de variants plus agressifs du virus de la COVID-19 pourrait également compromettre la relance.

« Le plus grand risque reste l’inconnu. Dans les portefeuilles, il faudra donc avoir un focus sur le risque et le rendement, et être bien diversifié et dynamique dans la répartition de l’actif », a recommandé Michael Greenberg.

LES PERSPECTIVES CANADIENNES

Plusieurs facteurs devraient amener l’inflation à ralentir au Canada. Le dynamisme du marché de l’emploi et les politiques d’immigration pourraient aider à ramener l’équilibre, au même titre que les investissements des entreprises dans la productivité et la stabilisation des salaires au pays.

Le rendement des actions canadiennes devrait être plus élevé que celui des actions américaines en 2022 (6 % vs 4,6 %), mais leur volatilité sera également supérieure (15 % vs 14,3%). « Ce sera une période favorable pour certains actifs canadiens et aussi un bon moment pour s’exposer à des actifs non canadiens dans les actions et les obligations », a estimé Michael Greenberg.

La baisse des provisions sur les prêts devrait stimuler la croissance des bénéfices. Le risque relatif à la dette reste plus élevé pour les consommateurs canadiens, mais le dynamisme du marché du travail conjugué aux taux élevés de vaccination au pays devrait stimuler la relance de l’économie.

SURPONDÉRATION DES ACTIONS CANADIENNES

Le Canada pourra compter avec le niveau élevé des prix de l’énergie, ce qui aura un impact positif sur les actions canadiennes. « Ces dernières années, la capacité de produire de l’énergie n’a pas cru très vite au pays. Les joueurs du secteur ont préféré augmenter les dividendes et racheter leurs actifs en raison de la pression environnementale », a constaté l’expert de Franklin Templeton. La firme recommande donc une légère surpondération pour les actions canadiennes.

« Nous entrons dans une période où les obligations deviendront un outil important pour diversifier le risque, mais il faudra aller chercher d’autres outils comme les devises non cycliques telles que le dollar américain et le yen japonais. La répartition 60-40 dans un contexte de rendement nul des obligations, si l’on prend en compte les frais, n’est pas totalement à oublier, mais il y a des défis. On pourrait plutôt viser une répartition 70-30 », conclut Michael Greenberg