Courbe sur un graphique sur lequel il est écrit "inflation".
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L’inflation n’a pas augmenté en juillet par rapport au mois précédent, révèle une note économique du Mouvement Desjardins. Au sud de la frontière toutefois, les prix ont progressé plus fortement que prévu.

Au Canada, les économistes prévoyaient une hausse de 0,4 % en juillet de l’indice des prix à la consommation (IPC), ce qui ne s’est pas produit. Certes, les prix de l’essence ont augmenté de 4,4 %, mais ceux des autres composantes de l’indice ont affiché une baisse globale de 0,1 % durant ce mois d’été. 

Les meubles (+3,5 %), les fruits frais (+3,1 %) et l’électricité (+1,1 %) coûtaient plus cher en juillet. À l’inverse, les vêtements pour femmes (-3,1 %), le transport aérien (- 3,6 %), la viande (- 0,8 %), le loyer (-0,3 %) et l’achat de véhicules automobiles (-0,1 %) coûtaient moins cher. De fait, le tiers des composantes de l’IPC connaissent une croissance annuelle des prix sous la barre du 1 %, qui constitue la cible inférieure de la Banque du Canada (BdC). 

Cette dernière se concentre toutefois pour l’instant à soutenir l’économie avec des taux d’intérêt faibles et la gestion de l’inflation est quelque peu reléguée au second plan dans les priorités. Le taux annuel d’inflation est passé de 0,7 % à 0,1 %.

La récession causée par la pandémie explique bien sûr cette faible inflation. Desjardins mentionne notamment qu’elle entraîne une augmentation des capacités excédentaires de production dans plusieurs secteurs. Or, quand l’offre est beaucoup plus forte que la demande, en général les prix chutent.

LES ÉTATS-UNIS SURPRENNENT

Le portrait est un peu différent au sud de la frontière, où la force de l’inflation a surpris en étant deux fois plus forte que ce qu’attendaient les économistes. En juillet, l’IPC américain a progressé de 0,6 %. 

Selon un rapport de la CIBC, cette hausse est surtout liée à une augmentation des prix dans l’industrie des services, où les commerces ont tendance à refiler aux consommateurs les coûts liés aux mesures sanitaires. La distanciation sociale, par exemple, réduit la capacité d’accueil des restaurants, salons de coiffure et autres services de ce type. Ils ont donc tendance à augmenter le prix pour chaque client. 

Cette situation pourrait continuer de faire pression à la hausse sur les prix jusqu’à l’été de 2021, en l’absence d’un vaccin qui permettrait de réduire, voire de lever, les mesures sanitaires. Les programmes fiscaux et monétaires de soutien aux travailleurs et aux marchés financiers aident aussi à maintenir la demande des consommateurs pour des services, ce qui contribue à la hausse des prix.

La grande différence entre le PIB potentiel et le PIB actuel ainsi que le haut taux de chômage exercent toutefois une pression à la baisse sur les prix, qui diminue les risques d’envolée de l’inflation.

De son côté, Desjardins prévoit dans une autre note économique un certain changement dans les tendances pour l’an prochain. Le Mouvement prévoit une inflation de 2,1 % au Canada en 2021, contre 1,8 % pour les États-Unis. Mais en cette période où règne l’incertitude, toutes les prévisions restent hasardeuses.