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Les familles s’attendant à une amélioration de leur situation financière au cours des deux prochaines années sont nettement plus endettées et enregistrent un ratio de la dette au revenu généralement plus élevé que les autres familles, révèle une récente étude de Statistique Canada.

Cette recherche, qui repose sur des données de l’Enquête sur la sécurité financière de Statistique Canada récoltées en 1999, 2005 et 2016, sous-entend que les familles qui s’attendent à ce que leur situation financière s’améliore s’arrangent pour que celle-ci empire.

Selon l’étude, les familles optimistes quant à leurs prochaines entrées d’argent accumulent environ 6 800 $ de plus de dettes non hypothécaires que les autres foyers. Ce montant représente plus du tiers de la dette non hypothécaire moyenne, qui s’élève à environ 18 100 $, d’autres familles propriétaires.

Cet écart est encore plus flagrant chez les jeunes de 25 à 34 ans, où il peut atteindre dans les 9 319 $. Cela peut s’expliquer par le fait que, souvent, dans cette tranche d’âge, les jeunes peuvent plus facilement espérer des hausses de revenu, puisqu’ils viennent d’entrer sur le marché du travail et peuvent ainsi s’attendre à changer de poste dans les années à venir.

Plus étonnant, les 55 ans ou plus qui font preuve d’optimisme s’endettent davantage que la tranche des 35 à 54 ans. L’écart avec les familles moins optimistes s’élève à 8 707 $ pour les 55 ans et plus et à 5 533 $ pour les plus jeunes.

Il est intéressant de remarquer que les ménages plus éduqués ont également tendance à avoir des dettes plus élevées que les autres. Ainsi, l’écart entre les universitaires optimistes et les autres est d’environ 9 748 $, alors qu’il n’est « que » de 3 956 $ pour les familles qui détiennent un diplôme d’études secondaires ou moins.

UN PLUS HAUT RATIO D’ENDETTEMENT

Ce trop-plein d’optimisme se répercute également sur le ratio d’endettement. Les familles aux attentes positives vis-à-vis de leur situation financière effectuent plus de dépenses que les autres ménages, mais ont aussi tendance à acheter des logements plus imposants.

Ainsi, leur dette hypothécaire, tous âges confondus, est supérieure d’environ 27 900 $ aux autres ménages. Cet écart représente 28 % de la dette hypothécaire moyenne des familles qui ne s’attendent pas que leur situation financière s’améliore dans les deux prochaines années.

Ces différents facteurs font que les familles propriétaires qui ont des attentes positives ont des ratios de la dette au revenu supérieurs à ceux des autres familles.

Le facteur entre la dette et le revenu est plus élevé de 32 points de pourcentage chez les optimistes en comparaison des autres ménages. Le ratio moyen de la dette au revenu observé pour tout l’échantillon s’élevait à 117 % au cours de la période allant de 1999 à 2016. Ce qui signifierait que les plus optimistes affichent un ratio nettement au-dessus de 100 % tandis que celui des autres se situe sous cette marque.