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Le secteur des technologies, l’un de ceux qui ont le mieux résisté à la pandémie, fait présentement face à de nouveaux défis après avoir récemment subi des revers de fortune.

Shopify a annoncé le mois dernier le licenciement de 10 % de sa main-d’oeuvre à l’échelle mondiale et des réductions de dépenses dans ses activités non essentielles. Wealthsimple a dit vouloir mettre à pied jusqu’à 13 % de son personnel et vouloir se consacrer à ses principales activités: les investissements, la banque et la cryptomonnaie. Pas plus tard que la semaine dernière, Hootsuite, une entreprise établie à Vancouver, a annoncé qu’elle mettrait à la rue 30 % de son personnel au cours d’une restructuration mondiale.

Parmi les autres entreprises importantes ayant annoncé au cours des derniers mois des licenciements figurent Clearco, Coinsquare, Article et Thinkific Labs.

Les jeunes entreprises qui tentent d’attirer l’attention des investisseurs constatent que le climat est très différent d’il y a quelques années. La Canadian Venture Capital and Private Equity Association dit que le nombre de transactions a glissé au deuxième trimestre par rapport aux trois mois précédents.

Les experts avancent que les entreprises doivent être conscientes du climat actuel. Elles doivent aussi trouver des moyens de croître pour se retrouver dans une meilleure position concurrentielle lorsque le ralentissement aura pris fin.

La morosité du secteur survient après une longue période de croissance et d’expansion, accompagnée d’une forte demande.

« Il était difficile d’apercevoir les signes que les choses reculeraient aussi rapidement », mentionne Mike Abramsky, de MaRS Discovery District.

Selon lui, le secteur connaîtra des difficultés pendant un certain temps encore à cause de la hausse des taux d’intérêt, de l’inflation élevée, des risques de récession, de l’instabilité des marchés et du ralentissement des activités ayant profité de la pandémie comme les achats en ligne.

« Les signes d’une forte tempête étaient trop nombreux, ajoute Mike Abramsky. Tout ce qui était lié aux taux d’intérêt, à l’économie et aux bourses, comme le commerce en ligne, le secteur immobilier, les cryptomonnaies et même des entreprises de FinTech, a implosé. Et avec la récession qui menace à l’horizon, personne ne peut prédire l’avenir. Les faits que l’on ne connaît pas encore obligeront les entreprises à rester prudentes. »

Laura Lenz, une partenaire chez OMERS Ventures, dit que les entreprises doivent trouver des moyens de sauver de la liquidité, qu’elles en aient besoin ou non. Cela les aidera à améliorer leur viabilité sans devoir amasser de nouveaux fonds.

De plus, elles doivent avoir une idée précise de ce qui les conduira vers la rentabilité, ajoute Laura Lenz. Pour y parvenir, il faut réduire les dépenses discrétionnaires, le marketing, certaines activités et même la main-d’oeuvre.

« Il faut aussi surveiller l’efficience des ventes et tout renégocier, du loyer jusqu’aux contrats de service professionnel. Une autre solution est d’envisager d’automatiser les tâches répétitives peu profitables afin que les employés puissent se concentrer sur le travail à valeur élevée pour lesquelles ils ont été engagés. »

La spécialiste soutient que les investisseurs, plus particulièrement les sociétés de capital de risque, sont à la recherche de « phénomènes ».

« Ils veulent investir dans des entreprises dont le taux de croissance s’élèvera à 50 % malgré l’actuel environnement macroéconomique », lance-t-elle.

De son côté, Nuna Fain, directrice d’un programme de maîtrise à une école de commerce affiliée à l’Université Queen’s, dit qu’il est important pour ces entreprises d’avoir plus d’une source de revenus afin de pouvoir s’adapter à différentes situations, même si s’occuper de leurs activités principales sera toujours essentielle.

« Mettre ses oeufs dans le même panier n’est pas un pari sûr », fait-elle valoir.

Laura Lenz prédit que deux secteurs connaîtront une croissance: l’automatisation du personnel et les techniques s’adressant aux changements climatiques.

« Je m’attends à voir une certaine décentralisation et une réduction de notre dépendance envers les FAANG [Facebook, Amazon, Apple, Netflix et Google]. »