Bill Morneau, ministre des Finances du Canada
Photo : tirée de la page Facebook @morneau.bill

Ottawa prévoit que le déficit fédéral sera de 343,2 G$ pour l’exercice financier 2020-2021.

C’est ce qui ressort du portrait de l’économie et des finances publiques présenté par le ministre des Finances, Bill Morneau, mercredi après-midi.

Il s’agit du déficit le plus important de l’histoire du Canada. Ce chiffre est largement dû aux programmes gouvernementaux pour aider les particuliers et les entreprises à traverser la pandémie de COVID-19.

S’exprimant devant les médias mercredi, le ministre Morneau s’est dit bien conscient de l’ampleur du déficit associé à son nom, mais n’a pas semblé être déstabilisé face à ce constat.

« C’était quoi, l’autre choix? » a répliqué le grand argentier du pays en réponse à un journaliste qui le questionnait à ce sujet.

« Nous sommes vraiment dans une situation extraordinaire où c’est absolument nécessaire de protéger les gens, de protéger les emplois pour l’avenir de notre pays. Nous avons fait les investissements parce que c’était nécessaire et, de cette façon, on va avoir une économie à l’avenir, pour nous et pour nos enfants », a-t-il insisté.

LES MILLIARDS PLEUVENT

Le portrait économique prévoit 212 G$ en soutien direct aux travailleurs et aux entreprises, 19 G$ en soutien pour la santé et la sécurité des Canadiens et 85 G$ sous forme de reports de paiements d’impôts, de taxes et de droits de douane.

Le ministre Morneau a confirmé que le gouvernement compte accélérer la transition de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) vers la Subvention salariale d’urgence du Canada pour ceux qui ont un emploi et vers l’assurance-emploi pour ceux qui n’en ont pas.

« La PCU va diminuer, la subvention salariale va augmenter en importance et le système d’assurance-emploi va recommencer », a-t-il résumé.

Dans son document, le gouvernement fédéral prévoit qu’il n’en coûtera pas plus de 80 G$ pour la PCU, qui offre 500 $ par semaine aux personnes ayant perdu leur revenu en raison de la COVID-19. Le programme a récemment été prolongé, passant de 16 à 24 semaines pour les prestataires.

En date du 28 juin, plus de 53 G$ avaient été versés en PCU à quelque 8,16 millions de particuliers.

La subvention salariale, en comparaison, a été beaucoup moins populaire. Les plus récents chiffres font état de 18 G$ versés dans le cadre de ce programme, alors que le gouvernement fédéral prévoit donner 82,3 G$ aux employeurs admissibles, selon le portrait dévoilé mercredi.

Un employé du secteur privé sur quatre bénéficie de la subvention salariale, selon M. Morneau, qui se dit convaincu que ce chiffre sera appelé à augmenter avec des « changements » qui seront annoncés dans les prochains jours.

PAS DE COUPES

Ce portrait dévoilé mercredi était le premier aperçu des finances publiques depuis la mise à jour économique et budgétaire de 2019. Le ministre des Finances ne s’est pas engagé à déposer un budget en bonne et due forme cette année, estimant la situation trop fluide.

Il a cependant écarté l’option de l’austérité pour contrôler l’ampleur du déficit.

« Notre approche va être des investissements dans l’avenir et pas les coupes ou les changements dans notre système d’impôt. Vraiment, c’est le temps de considérer comment on peut assurer un niveau de croissance », a-t-il dit.

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