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Les jeunes adultes ont davantage de difficulté que les générations précédentes à devenir financièrement indépendants, révèle une récente étude américaine de Merrill Lynch et Age Wave. Écrasés par les dettes d’études, des salaires trop bas et le prix de l’immobilier, beaucoup d’entre eux bénéficient toujours de l’aide de leurs parents.

S’ils sont souvent plus instruits, ont un meilleur accès à la technologie et ont plus de liberté quant à leur avenir que leurs parents, 80 % des jeunes adultes avouent avoir plus de difficultés à devenir financièrement indépendants que les générations précédentes. La grande majorité des parents (70 %) sont d’accord avec cette affirmation.

La plupart des jeunes adultes (70 %) reçoivent encore une aide financière de leurs parents afin d’acquitter des dépenses comme le paiement de leurs prêts étudiants, qui s’élèvent en moyenne, aux États-Unis, à 37 000 $, révèle l’étude. Quelque 58 % des sondés ont révélé que sans cette aide, ils ne pourraient pas se permettre leur mode de vie actuel. D’ailleurs, un quart des jeunes adultes vivent encore dans la maison de leurs parents.

« Le soutien financier [de la banque familiale] au-delà de 25 ans est devenu la norme », selon l’étude.

UNE DETTE ÉCRASANTE

Selon l’étude, une des raisons pour lesquelles les jeunes adultes américains auraient tant de peine à atteindre l’indépendance financière est leur dette d’études. Pour l’éponger, ces derniers devront payer en moyenne 371 $ mensuellement pendant une décennie!

Selon Ken Dychtwald, PDG d’Age Wave, une entreprise qui étudie la population, la situation n’est pas près de s’améliorer. En effet, « le seul moyen de gagner un bon salaire et de subvenir aux besoins d’une famille est d’aller à l’université, mais les coûts de telles études posent un sérieux défi », relève-t-il.

La dette étudiante a de grandes répercussions sur l’avenir de ces jeunes adultes autant d’un point de vue financier que personnel, note l’étude.

« Quatre cent mille jeunes adultes qui auraient pu acheter une maison il y a dix ans n’en auraient pas eu les moyens en raison de l’endettement lié aux dettes d’études. Aujourd’hui, les jeunes adultes prennent davantage en compte les finances pour décider s’ils auront ou non des enfants, par rapport aux générations précédentes », souligne l’étude.

Cela a également une incidence sur leur épargne-retraite. La plupart de ces jeunes peinent à cotiser et sont parfois obligés de puiser dans leurs réserves pour rembourser des dettes de carte de crédit.

INSATISFACTION AU TRAVAIL

Le sondage a également révélé une certaine insatisfaction des jeunes adultes envers leur travail. Près de la moitié des répondants à l’étude ont déclaré qu’ils comptaient chercher un nouvel emploi au cours des 12 prochains mois, et 69 % ont indiqué que la principale raison était de gagner plus d’argent, ce qui leur permettrait d’atteindre plus rapidement leur indépendance financière.

Leur insatisfaction est liée non seulement à une rémunération insuffisante (41 %), mais également au potentiel de carrière limité de leur poste (44 %) ou à un désalignement avec leurs passions ou leurs intérêts (35 %).

LA SITUATION AU QUÉBEC

Si les études universitaires sont moins onéreuses au Québec qu’elles ne le sont aux États-Unis, la situation des jeunes adultes au Canada n’est pas si différente de celle des Américains, révèle une étude réalisée par le Forum des politiques publiques (FPP) à la fin de l’année 2018.

Nombre de jeunes adultes avouent se sentir écrasés par leurs dettes d’études ou de carte de crédit. Beaucoup également se sentent coincés dans des emplois mal rémunérés ou passent d’un travail à l’autre, donc ont également du mal à atteindre leurs objectifs financiers à long terme.

En réaction à cette étude, le FPP a fait quelques recommandations au gouvernement pour rétablir la situation. Il demandait entre autres ainsi de faciliter l’accès à l’aide au remboursement des prêts étudiants, ainsi que de soutenir de façon créative les jeunes ménages confrontés aux défis liés à l’accessibilité du logement.