Chrystia Freeland
Photo : Koch/ MSC / Wikimedia Commons

Des membres de l’industrie financière s’interrogent sur l’orientation que donnera la nouvelle ministre des Finances au prochain budget fédéral.

Le changement de ministre des Finances est plutôt vu d’un bon œil, car il devrait procurer davantage de clarté. « Nous n’avons pas eu de budget [fédéral], nous n’avons jamais eu de plan fiscal cohérent [sous Morneau], et il y a maintenant un déficit de 343 milliards de dollars », affirme Ian Russell, PDG de l’Association canadienne du secteur des investissements à Toronto, cité par Investment Executive.

Le gouvernement fédéral n’a pas publié de budget depuis mars 2019, puisqu’il a reporté le dernier budget en raison de la pandémie de COVID-19.

La nomination de Chrystia Freeland pourrait donner lieu à une remise à zéro des priorités budgétaires fédérales… et à de nouvelles orientations fiscales.

Ces orientations inquiètent Flavio Vani, président de l’Association professionnelle des conseillers en services financiers (APCSF). « Si on continue à desserrer les cordons de la bourse, cela va nous coûter cher à la fin », met-il en garde, s’inquiétant devant la forte hausse de la dette canadienne. « À un moment donné, il faudra payer cette dette, avance-t-il. Or, le premier ministre n’a pas choisi la personne ayant le plus de rigueur, même si Mme Freeland a fait preuve de compétence dans d’autres fonctions. »

Comme journaliste, Chrystia Freeland a dénoncé l’intensification des inégalités de revenus. En 2013, elle donnait une conférence TED sur la montée des nouveaux super-riches, rappelle le Financial Post.

Et lors de sa nomination, mardi, la ministre des Finances a appelé à l’élaboration d’un plan de relance à long terme.

LES GAINS EN CAPITAL DAVANTAGE TAXÉS?

Compte tenu des prises de position de Mme Freeland, Flavio Vani ne voit pas celle-ci renoncer aux dépenses gouvernementales. Il se demande si le gouvernement fédéral sera amené à augmenter l’imposition des gains en capital à 75 %, afin de financer son budget.

Avec des taux d’imposition déjà élevés, le gouvernement fédéral disposera de peu de marges de manœuvre, acquiesce Jamie Golombek, directeur général de la planification fiscale et successorale de la CIBC, cité par Investment Executive. Celui-ci s’attend à une augmentation du taux d’inclusion des gains en capital. « On en parle certainement depuis cinq ans maintenant, depuis que les libéraux sont au pouvoir, car ils se sont vraiment concentrés sur l’augmentation des impôts des Canadiens à revenus élevés et des riches », souligne M. Golombek.