Homme qui respire dans un sac de papier.
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« La récession approche. » Voilà une phrase que Brian Belski, chef des stratégies d’investissement à BMO, n’en peut plus d’entendre. Il n’a qu’un conseil à donner à ceux qui vivent dans la crainte qu’elle survienne : « calmez-vous! »

« Personne ne sait quand il y aura une récession. Il n’y a aucune donnée sur les marchés qui montrent qu’elle aura lieu en 2019 », a-t-il lancé lors de l’événement Inside ETFs Canada, qui s’est tenu mardi et mercredi à Montréal. « Le marché haussier n’est pas en sursis… On a peur de notre ombre! »

« Si l’on suit la règle générale, on aurait dû entrer en récession en 2017 parce qu’il y en a une tous les huit ans. Mais ça ne fonctionne pas ainsi! La récession ne survient pas parce qu’on est dus… »

Selon lui, ceux qui vivent dans la crainte d’une telle chute des marchés ont oublié la sélection de titres et l’étude des bases.

« Qu’est-ce qu’on fait? On regarde les tweets de Donald Trump… » lâche-t-il.

Parlant du président américain, il estime que les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine finiront tout de même par se solder par un accord. M. Trump aura besoin de marchés en hausse pour se lancer une nouvelle fois dans la course à la présidence, ce qu’il fera, prédit Brian Belski.

TOURNEZ-VOUS VERS LE CANADA

Il y a donc encore de nombreuses occasions sur les marchés, à commencer par le Canada, juge-t-il. Il rappelle que le TSX a enregistré des gains records cette année et fait mieux que les indices boursiers de bien des pays développés.

Une situation que les investisseurs tendent à oublier.

« Tout le monde déserte le marché canadien depuis 2014. […] Les investisseurs canadiens me font penser à Bourriquet, ce personnage des Aventures de Winnie l’ourson. Ils sont toujours déprimés! » s’exclame-t-il.

Ils devraient plutôt se tourner vers ces secteurs qu’il estime prometteurs : les services financiers, les communications et l’énergie. La concentration des deux premiers font qu’ils restent toujours intéressants, croit-il.

« Ce sont des mafias, des cartels : autant en profiter! » rigole-t-il.

Quant à l’énergie, M. Belski affirme que les gestionnaires y sont plus stratégiques qu’aux États-Unis et considèrent davantage l’aspect environnemental, ce qui rend le secteur plus alléchant ici qu’au Sud de la frontière.

« Je ne toucherais pas à la santé. Je ne vais pas acheter des titres de marijuana pour mes comptes clients, ça ne va pas arriver. Ça, c’est plus pour les comptes personnels… » mentionne-t-il à la blague.

CHEZ NOS VOISINS

Aux États-Unis, il conseille de se positionner dans les secteurs des communications, aussi en mode fusion, des services financiers, de la santé, des entreprises industrielles et des technologies de l’information.

Échaudés par la crise de 2008, plusieurs investisseurs fuient comme la peste les institutions financières américaines. Elles mériteraient pourtant qu’on s’y intéresse, plus particulièrement les grandes institutions financières établies, les banques commerciales et le secteur de la gestion de patrimoine, soutient le dirigeant de BMO.

Du côté de la santé, les entreprises qui créent des produits, comme Johnson & Johnson, en valent la peine, croit-t-il. « Suivez l’argent! »

Finalement, les technologies de l’information sont devenues les nouveaux produits de consommation courante, explique Brian Belski. Exit les Heinz et Campbell’s de ce monde, bonjour les Microsoft, Intel et Apple.

« Dans les années 1950, 1960 et 1970, les marques des produits de consommation courante étaient importantes, mais plus maintenant. […] Entre une eau de javel de marque et le produit générique, le Y va choisir le générique parce qu’il coûte moins cher… Mais ne touchez pas à son Netflix! »