Blocs de bois sur une table.
Photo : gajus / 123RF

Les ventes annuelles d’habitations ont grimpé à un nouveau record en 2021, éclipsant leur sommet précédent d’environ 20 %, a indiqué lundi l’Association canadienne de l’immeuble (ACI).

Environ 667 000 propriétés résidentielles ont changé de mains en 2021, ce qui est supérieur d’environ 30 % à la moyenne des 10 dernières années, a précisé l’ACI.

Cependant, les ventes de maisons en décembre ont peu changé par rapport à novembre et ont été associées à une pénurie de propriétés sur le marché particulièrement aiguë. L’économiste principal de l’ACI, Shaun Cathcart, a affirmé que le nombre de propriétés à vendre au Canada n’avait jamais été aussi bas.

Les nouvelles inscriptions à la vente se sont dénombrées à 28 550 le mois dernier, en baisse de 15 % par rapport aux 33 606 de décembre 2020.

Rishi Sondhi, des Services économiques TD, a observé que les inscriptions n’avaient pas suivi la cadence des ventes.

« En fait, le nombre de maisons nouvellement inscrites l’année dernière était inférieur aux niveaux qui prévalaient généralement avant que la pandémie ne frappe », a écrit Rishi Sondhi dans une note aux investisseurs.

« Il se pourrait qu’un manque d’offre se perpétue, dans la mesure où les vendeurs potentiels qui seraient plus actifs en temps normal retiennent leurs annonces en raison du manque de propriétés vers lesquelles se tourner et d’une concurrence intense pour les propriétés disponibles. »

Le manque de propriétés disponibles a pesé sur les ventes, qui n’ont augmenté que de 0,2 % sur une base désaisonnalisée entre novembre et décembre.

Sur une base non désaisonnalisée, les ventes de propriétés résidentielles pour le mois de décembre se sont chiffrées à 35 971, en baisse de près de 10 % par rapport aux 39 940 transactions de décembre 2020.

Les ventes ont diminué en partie parce que la fatigue s’est installée chez les acheteurs vers la fin de l’année, a expliqué Cailey Heaps, une courtière de Toronto.

« Plusieurs acheteurs ont trouvé la situation des enchères pour les offres décourageante et ont choisi de suspendre leur recherche, mais sont maintenant revenus avec un regain d’intérêt », a-t-elle affirmé dans un communiqué.

Rishi Sondhi pense qu’une partie de l’« effervescence » se retirera des ventes cette année, car les taux d’intérêt, qui ont considérablement baissé tout au long de la pandémie de COVID-19, augmenteront probablement. Cependant, il pense que l’envie de nombreux acheteurs d’agir maintenant plutôt que plus tard maintiendra les ventes au-dessus des niveaux d’avant la pandémie.

Cela pourrait se traduire par un léger sursis pour les acheteurs qui espèrent débourser moins pour une propriété.

Le prix national moyen des maisons a atteint 713 500 $ le mois dernier, ce qui représentait une hausse de près de 18 % par rapport au mois de décembre précédent.

En excluant les régions du Grand Vancouver et du Grand Toronto, deux des marchés du logement les plus actifs et les plus chers au Canada, le prix moyen national diminue de plus de 150 000 $.

Dans la grande région de Toronto seulement, le prix moyen était supérieur à 1,1 million de dollars (M$), en hausse d’environ 24 % par rapport à celui de 932 004 $ du même mois un an plus tôt.

Dans la région du Grand Vancouver, le prix moyen était supérieur à 1,2 M$, en hausse de 15 % par rapport à environ 1,1 M$ un an plus tôt.

L’ACI a constaté que les gains de prix d’une année à l’autre étaient toujours d’entre 5 % et 8 % en Alberta et en Saskatchewan, mais qu’ils atteignaient environ 12 % au Manitoba et 30 % en Ontario.

La croissance des prix d’une année sur l’autre dans le Grand Montréal est demeurée à un peu plus de 20 %, le prix moyen en décembre atteignant 527 600 $, tandis que celle observée sur le marché de la ville de Québec était moitié moins importante, pour un prix moyen de 303 700 $.

La croissance des prix a été de 11 % à Terre-Neuve-et-Labrador et de plus de 30 % au Nouveau-Brunswick.

« Avec une demande si forte dans l’anticipation d’une hausse des taux d’intérêt, il n’est pas étonnant que les prix poursuivent leur progression incessante », a affirmé Rishi Sondhi.

« Cependant, alors que les prix augmenteront probablement cette année, les taux d’intérêt plus élevés devraient ralentir le taux d’augmentation. »