Banques du quartier financier de Londres.
Photo : Nikolay Pandev / iStock

Même si les banques ont échappé au pire depuis le début de la pandémie, les perspectives du secteur restent obscures, la moitié des institutions ne couvrant pas le coût de leurs fonds propres, révèle le rapport annuel de McKinsey sur l’état du secteur bancaire dans le monde.

Il reste que la crise sanitaire a changé bien des choses. « La banque numérique s’est accélérée, l’utilisation des espèces a diminué, l’épargne s’est accrue, le télétravail est devenu un mode de travail, et l’environnement et la durabilité sont désormais une priorité pour les clients et les régulateurs », peut-on lire dans le rapport.

Deux indicateurs causent des inquiétudes, soit la rentabilité des capitaux propres (ROE) et la valeur marchande par rapport à la valeur comptable. Selon McKinsey, 51 % des banques opèrent avec un ROE inférieur au coût des fonds propres, rendant la création de valeur pour les actionnaires structurellement difficile.

L’autre défi concerne la valorisation. Les banques se négocient à environ 1,0 fois la valeur comptable, contre 3,0 fois pour toutes les autres industries. Ces sous-évaluations persistent même après un gain d’environ 1,9 billion de dollars (plus de 20 %) en capitalisation boursière de février 2020 à octobre 2021.

UNE ÈRE DE CROISSANCE DIVERGENTE

Malgré l’incertitude entourant la fin de la pandémie, McKinsey s’attend à ce que les cinq prochaines années marquent le début d’une nouvelle ère dans le secteur bancaire mondial, qui passera d’une décennie de résilience convergente (2011-2020) à une période de croissance divergente (2022-2027).

Au cours de la dernière décennie, les banques se sont principalement concentrées sur les mêmes activités : reconstituer le capital réglementaire, réparer les barrières réglementaires, investir dans la numérisation et réaliser des gains de productivité et d’efficacité. Concentrées sur les mêmes enjeux, les offres des banques se sont banalisées et les attentes des clients sont montées en flèche, impactant la croissance et la rentabilité.

Au cours des prochaines années, McKinsey prévoit que les marchés émergents connaîtront à nouveau une croissance plus rapide. Selon ses estimations, la part des marchés émergents dans les pools de revenus bancaires mondiaux dépassera 50 % d’ici 2025, comparativement à seulement 20 % au début du millénaire.

Les investissements en technologies feront aussi une différence pour les banques, surtout pour les institutions de plus grande taille en raison de leurs capacités à innover et des gains opérationnels que les solutions technologiques procureront.