Un homme qui pousse une brouette pleine de sacs d'argent.
GeorgePeters / iStock

Le virus a eu beaucoup de conséquences négatives sur l’économie. Selon DBRS Morningstar, les Canadiens ont déposé environ 929 000 nouvelles demandes d’assurance-emploi en une semaine en mars, soit plus de 20 fois le total hebdomadaire habituel. Ce chiffre représente près de 5 % de la main-d’œuvre du pays, rapporte le Financial Post.

« La gravité de la récession intensifie nos inquiétudes quant à la solvabilité de certains ménages et entreprises canadiens, d’autant plus que nombre d’entre eux étaient fortement endettés au début de la crise », a déclaré l’agence de notation dans un récent rapport.

La production économique a également subi un coup dur. Une note récente de Capital Economics prévoyait que le produit intérieur brut du Canada se contracterait de 35 % au deuxième trimestre.

La récession a laissé beaucoup de gens et d’entreprises face à la possibilité que leurs revenus et leurs flux de trésorerie, utilisés pour payer les factures et rembourser les dettes, se tarissent rapidement.

Pour éviter les défauts de paiement, le gouvernement est contraint de verser de l’argent aux personnes et entreprises qui voient leurs liquidités réduites. Seulement, les ressources des gouvernements n’étant pas infinies, ils se trouvent obligés d’emprunter. Autrement dit, le problème et la solution du Canada sont les mêmes : la dette nous place dans une situation difficile et elle doit maintenant nous en sortir.

« Le gouvernement fédéral va devoir contracter une énorme dette à court terme, puis transférer une grande partie de cette dette aux entreprises et aux ménages, a déclaré Philip Cross, ancien analyste économique en chef à Statistique Canada. Parce qu’il n’y a aucun moyen pour le secteur privé d’augmenter son endettement aussi rapidement à court terme, les marchés ne feraient confiance qu’au gouvernement fédéral et à son pouvoir infini de création de monnaie pour rembourser toute cette dette. »

Un faux pas pourrait laisser de nombreuses entreprises et consommateurs au bord de la faillite. Économiste et professeur à Berkeley, Pierre-Olivier Gourinchas estime qu’un arrêt économique soudain « peut facilement déclencher une chaîne d’événements en cascade », car le commerce moderne est composé d’un certain nombre de connexions entre les consommateurs, les entreprises et les prêteurs.

L’une des plus anciennes faiblesses financières au Canada a été notre niveau élevé d’endettement.

Le crédit total du secteur non financier en pourcentage du produit intérieur brut du Canada était de plus de 300 % (ou plus de 5,2 billions de dollars américains) au troisième trimestre de 2019. C’est l’un des plus hauts niveaux au monde; la moyenne des pays développés étant autour de 270 %.

À moins que les paiements ne soient différés, toute cette dette doit être remboursée, même si les revenus sont inexistants. Sinon, les gens et les entreprises deviendront insolvables. Le nombre total d’insolvabilités a augmenté de 8,7 % en janvier et de 10,4 % depuis un an, selon le Bureau du surintendant des faillites.

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante a également récemment sondé ses membres et constaté qu’environ un quart des petites entreprises n’étaient pas en mesure de payer le bail commercial ou le versement hypothécaire d’avril en raison de problèmes liés à la COVID-19.

Les représentants du gouvernement canadien sont probablement au courant de toutes ces données. Le gouvernement fédéral doit intervenir pour essayer de « réduire autant que possible cette douleur », a déclaré Kevin Page, directeur général de l’Institut d’études fiscales et de démocratie de l’Université d’Ottawa.

Jusqu’à présent, le gouvernement fédéral a annoncé plus de 250 milliards de dollars de mesures, telles que les subventions salariales et un accès plus rapide aux prestations de maladie de l’assurance-emploi, pour tenter d’aider les consommateurs et les entreprises. Ottawa a également poussé les banques à soulager leurs clients pendant la crise. Celles-ci ont réagi en offrant, entre autres, des paiements hypothécaires différés pouvant aller jusqu’à six mois.