Photo : Andrii Yalanskyi / istockphoto

Le gouvernement Legault suspend une nouvelle fois le programme réservé aux immigrants investisseurs, connu sous le nom de PIIQ, rapporte Radio-Canada. D’abord arrêté jusqu’en août 2020, il est maintenant mis sur pause jusqu’au 1er avril 2021.

Ce programme, dont le processus est généralement plus rapide que la procédure d’immigration habituelle, est destiné aux personnes aisées voulant s’installer au Québec. Pour être admissible, un candidat doit disposer d’un avoir net d’au moins 2 millions de dollars « obtenu licitement », comme le précise le site du ministère de l’Immigration.

Il doit alors effectuer un placement de 1,2 million de dollars, pour une durée de cinq ans, auprès d’Investissement Québec. Cette somme est ensuite remboursée. Habituellement, 1 900 places sont octroyées chaque année.

Le gouvernement entend revoir ce programme afin de renforcer l’obligation d’élire domicile au Québec pour en bénéficier. Des données publiées en 2019 démontraient que parmi les 58 000 participants au programme entre 1991 et 2016, seulement 6 050 vivaient au Québec en 2018. Plus de 80 % de ces investisseurs ont choisi de s’établir à Toronto ou à Vancouver.

UNE SOLUTION À LA CRISE?

La province compte accepter cette année entre 2 100 et 2 800 immigrants dans la catégorie « Gens d’affaires », contre plus de 5 000 en 2018.

« C’est un programme qui aurait pu aider dans la relance économique, avec cette pandémie. Pour le milieu des affaires, c’est déplorable », regrette l’avocat Maxime Lapointe, qui assure avoir toujours de nombreux clients étrangers intéressés par le PIIQ.

L’Association canadienne du commerce des valeurs mobilières (ACCVM) estime elle aussi que l’augmentation des investissements étrangers directs au Canada pourrait aider à reconstruire l’économie après la crise de la COVID-19.

Dans une lettre adressée au ministre des Finances fédéral Bill Morneau, Ian Russell, président de l’ACCVM, écrit que « des dizaines de milliers » d’investisseurs étrangers sont à la recherche d’une résidence permanente au Canada. Il prévient que si le pays ne saisit pas cette occasion, d’autres États bénéficieront de leurs richesses.