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L’Edhec Risk Institute (ERI), un centre de recherche en finance basé dans le sud de la France, occupe une place de plus en plus importante dans le paysage économique de l’Hexagone, rapporte Le Monde.

À tel point que, aujourd’hui, ce « laboratoire » spécialisé dans l’évaluation et la gestion des risques financiers ainsi que dans la recherche en gestion d’actif regroupe plus de 50 enseignants titulaires, ingénieurs de recherche, chercheurs associés et professeurs affiliés.

Fondé en 2001 par l’EDHEC, une grande école de commerce située à Lille, Paris et Nice, l’ERI a pour objectif de « faire de la recherche utile pour l’industrie financière comme pour la société », indique le quotidien français.

L’ÉCOLE COMMERCIALISE LES RÉSULTATS DE SES TRAVAUX

« Il y a une trentaine d’années, toutes les grandes écoles de commerce se sont mises à développer une activité de recherche pour gagner en notoriété et décrocher des accréditations internationales. Mais produire de la recherche pour produire de la recherche, non seulement cela ne sert à rien mais en plus cela coûte très cher. Il y a les professeurs à payer, les bases de données à acheter… », explique au journal Emmanuel Métais, directeur général de l’Edhec.

Alors plutôt que publier dans de prestigieuses revues internationales, l’école de commerce a préféré commercialiser les résultats de ses travaux, aujourd’hui financés « aux trois quarts » par des entreprises, et a même créé ses propres indices financiers avec le spin-off ERI Scientific Beta, qui est notamment utilisé par certaines institutions financières et universités américaines. Un moyen efficace de « faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’école » et de « faire évoluer les pratiques des investisseurs », selon Le Monde.

« En médecine, lorsque l’on prescrit un médicament, on s’appuie sur les travaux de la recherche scientifique qui mettent en évidence l’efficacité de tel ou tel principe actif. Alors qu’en finance, on se base d’abord et avant tout sur l’intuition des gestionnaires d’actif, qui s’emploient à sélectionner les bons titres », relève Felix Goltz, directeur de la recherche appliquée à l’ERI.

« DOCUMENTER LE RISQUE POUR FAIRE DES CHOIX ÉCLAIRÉS »

En cas de crise, comme cela s’est passé lors de la faillite de Lehman Brothers en 2008, l’histoire a démontré qu’il aurait fallu assurer une meilleure gestion des risques, ajoute-t-il, expliquant que l’important, quand on investit, n’est pas le rendement, mais « le rendement par rapport au risque ». Or, insiste l’expert, le travail de l’institut « vise précisément à documenter ce risque pour aider les industriels à faire des choix éclairés en fonction des variations de résultats qu’ils sont prêts à tolérer ».

Si répondre aux besoins du secteur financier semble être un pari gagné pour l’ERI, Le Monde relève que les étudiants, en revanche, ne profitent pas forcément de la totalité de la « connaissance scientifique » accumulée depuis plus de 15 ans par les chercheurs de l’institut. Concrètement, note le journal, les ponts entre le monde étudiant et celui de la recherche demeurent en effet « relativement limités ». Toutefois, poursuit-il, la situation pourrait changer avec la prochaine arrivée d’une vingtaine d’élèves en première année de maîtrise qui seront amenés à travailler aux côtés d’ingénieurs de recherche.

Cette évolution permettra aux étudiants d’acquérir de l’expérience et de « combler le maillon manquant entre l’univers universitaire et le monde professionnel dans des domaines d’application qui les intéressent et qui recrutent », notamment la gestion indicielle et le recours à l’intelligence artificielle pour créer et gérer un portefeuille, croit Laurent Deville, professeur de finance et directeur de la filière Financial Economics à l’Edhec. Un vrai « plus » en matière d’employabilité et de notoriété, conclut Le Monde.

LES BANQUES FRANÇAISES VEULENT « RÉINVENTER » LEURS SUCCURSALES

Parlant d’évaluation du risque, l’avènement du web a forcé les succursales bancaires à revoir leur modèle d’affaires. À l’heure où leurs clients s’orientent de plus en plus vers les applications mobiles et les sites web, plusieurs banques françaises « expérimentent de nouvelles pratiques en agence pour les rendre à nouveau pertinentes », rapportent Les Échos. C’est notamment le cas de LCL (ex-Crédit Lyonnais), qui expérimente depuis quelques semaines des horaires plus souples, et surtout plus tardifs (jusqu’à 20 h), dans neuf agences situées dans des centre-ville.

« Nous étions ouverts quand nos clients étaient au travail, et lorsqu’ils rentraient chez eux, nous étions fermés! On constate un étonnement positif de la clientèle, et un réel motif de satisfaction, puisqu’il n’est plus nécessaire de prendre une demi-journée de RTT [congé obtenu au titre de la loi sur la réduction du temps de travail] ou son samedi matin pour aller voir son banquier. Le client est aussi plus disponible, moins pressé par le temps », explique dans Les Échos Jérôme Sicot, directeur du réseau grand Paris nord et ouest de LCL.

« LES HABITUDES DES CLIENTS ÉVOLUENT »

Le quotidien économique français note cependant que d’autres réseaux bancaires que LCL ont déjà testé l’ouverture tardive de certaines de leurs succursales. Mais sans succès, ajoute-t-il, car les clients ne seraient pas forcément « disponibles d’esprit après une journée de travail ». Malgré tout, le groupe semble prêt à poursuivre l’expérience et à tenter de se renouveler. Il a ainsi entrepris de rénover la totalité de ses quelque 1 750 agences afin de les transformer « en véritables commerces de proximités, insérés dans le tissu local ».

LCL a en outre instauré un système de cashback, via une application, qui permet à certains commerçants établis autour d’une succursale de proposer des ristournes. « Les habitudes évoluent, et il est important de mener des tests pour s’adapter au mieux aux spécificités locales », résume Jérôme Sicot.