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Un quart du patrimoine du pays est détenu par le « 1 % » des Canadiens les plus fortunés, révèle un rapport du Directeur parlementaire du budget (DPB). 

Une nouvelle modélisation utilisée par le DPB fait apparaître une concentration des richesses beaucoup plus marquée que la méthodologie précédente. Cette dernière évaluait la part possédée par le 1 % à 13,7 % des avoirs canadiens. 

SE RAPPROCHER DE LA RÉALITÉ

La nouvelle méthode combine des informations de la liste des personnes les plus riches en 2017 du magazine Canadian Business avec des données de l’enquête sur la valeur nette en 2016 de Statistique Canada et de son rapport sur les comptes du bilan national du quatrième trimestre 2016, relate Le Devoir. 

Le changement a été effectué parce que les estimations précédentes, basées surtout sur un sondage de Statistique Canada, semblaient clairement trop faibles.

« La personne la plus fortunée y évaluait sa richesse à 27 M$, alors que nous savons qu’il y a des gens au Canada qui sont plus riches que cela », explique Yves Giroux, directeur parlementaire du budget, en entrevue avec le quotidien montréalais.

En 2019, la fortune de l’un des propriétaires de Thomson Reuters, David Thomson, arrivait en tête du palmarès de Canadian Business. Elle était évaluée à 39 milliards de dollars. Au Québec, Lino Saputo vaudrait 5,1 milliards de dollars.

UNE POIGNÉE DE PERSONNES EN TÊTE

Les nouvelles données estiment que le patrimoine du 1 % vaut environ 3 000 milliards de dollars. Même parmi ce groupe sélect, la concentration se fait au somment. En effet, le 0,5 % le plus fortuné détient à lui seul 2 400 milliards de dollars, soit 20,5 % de la richesse canadienne totale. 

Au total, les familles du pays possèdent 11 700 milliards de dollars en actifs et en liquidités, une fois toutes leurs dettes remboursées, peut-on lire dans le rapport. Ce montant est environ cinq fois plus élevé que le PIB annuel du pays. Près de la moitié de ces richesses, soit 5 800 milliards de dollars, se concentre dans l’immobilier. Les hypothèques représentent quant à elles 1 500 milliards de dollars et forment la catégorie de passifs la plus importante. 

Les estimations sur le patrimoine des citoyens comptent beaucoup, notamment parce qu’elles servent à mesurer les conséquences des projets de taxation qui sont proposés par les partis politiques.