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L’année écoulée a été plutôt pénible pour les actions des banques canadiennes et américaines. Mais alors que les banques centrales envisagent de plus en plus d’assouplir leurs politiques monétaires, les titres bancaires pourraient bénéficier d’un puissant vent de dos.

Les données historiques montrent en effet une excellente performance des banques durant les périodes de réduction des taux d’intérêt, rapporte The Globe and Mail. Si la tendance se maintient, les investisseurs peuvent donc espérer des rendements à deux chiffres dans les prochains mois.

Lors des périodes d’assouplissement monétaire survenues de 1995 à 1998 et de 2001 à 2003, les actions des banques américaines ont surperformé le S&P 500 de respectivement 6 900 et 2 700 points de base, note Gerard Cassidy, analyste à RBC Dominion valeurs mobilières. Ces années ont aussi été fructueuses pour les banques canadiennes.

Un éventuel rebond des titres bancaires est attendu de pied ferme par les investisseurs. Le KBW Banks Index, qui suit la performance des titres bancaires américains, a reculé de 6 % par rapport à l’année dernière. Au Canada, les grandes banques ont perdu 1,9 % au cours de la dernière année et ont sous-performé l’indice S&P/TSX, un phénomène rarissime.

L’INVERSION DE LA COURBE ROGNE LES BÉNÉFICES

Les résultats des institutions bancaires ont certes été malmenés par les conflits commerciaux et le ralentissement de l’économie mondiale, mais ils ont aussi souffert de l’inversion de la courbe des rendements obligataires. Puisque les banques empruntent à des taux à court terme, et prêtent à des taux à plus long terme, une courbe plate ou inversée a pour effet de compresser les marges de profit obtenues sur les prêts. Au Canada, le ralentissement de la croissance des prêts hypothécaires a aussi fait mal aux banques.

Ce climat morose pèse sur l’évaluation des titres en Bourse. En ce moment, les banques canadiennes se négocient à 11 fois leurs bénéfices, comparativement à une moyenne de 12,3 fois les bénéfices au cours des 12 dernières années, selon Bloomberg. L’écart est encore plus grand aux États-Unis, où le ratio cours/bénéfices se situe à 11,1, par rapport à une moyenne de 13,5.

L’espoir des investisseurs repose maintenant entre les mains de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui envisage de réduire son taux directeur, peut-être même ce mois-ci, afin de stimuler l’activité économique. Si ce scénario se concrétise, on peut s’attendre à ce que la Banque du Canada emboite le pas plus tard cette année. Un tel assouplissement monétaire aurait pour effet de rétablir la courbe des rendements obligataires, et conséquemment de gonfler les bénéfices des banques.