Photo : AndrewJohnson / istockphoto

Le dollar canadien a repris du mieux depuis sa dégringolade du mois de mars, alors qu’il avait plongé à 68 cents américains. Une éclaircie de courte durée, si l’on se fie aux propos de certains analystes cités dans le Financial Post.

Le dollar canadien évoluait à 75 cents américains vendredi. Il avait donc regagné 7 cents américains depuis sa baisse du mois de mars, provoquée par le ralentissement économique mondial lié à la pandémie, jumelé à la brutale guerre des prix du pétrole brut que se livraient la Russie et l’Arabie saoudite. 

CONCOURS DE CIRCONSTANCES

Sa remontée serait toutefois tout aussi circonstancielle, selon certains analystes. Sadiq Adatia, directeur principal de l’investissement de Placements mondiaux Sun Life, croit que la hausse du huard a beaucoup à voir avec la baisse de la devise américaine. Dans les premières semaines de la crise, beaucoup d’investisseurs ont utilisé cette dernière comme valeur refuge. 

Ceux-ci recommenceraient toutefois à ajouter du risque dans leur portefeuille, ce qui inclut troquer le dollar américain contre des devises étrangères et miser sur des secteurs névralgiques pour le Canada, comme l’énergie et les services financiers. La remontée du prix du pétrole gonfle aussi un peu la valeur du dollar canadien.

REMONTÉE PASSAGÈRE

Mazen Issa, stratège principal Forex à Valeurs mobilières TD, souligne que ce mouvement risque de ne pas durer. Une grande partie de l’enthousiasme lié à la reprise post-COVID est déjà prise en compte dans le prix actuel du dollar canadien. L’analyste s’attend à voir la devise plafonner à 75 cents américains, avant d’amorcer un recul qui pourrait le mener aux alentours de 72 cents. 

Sadiq Adatia partage ce point de vue. Plusieurs facteurs travaillent contre le huard pour qu’il puisse se maintenir longtemps à son niveau des derniers jours, notamment la faible demande de consommation et le chômage. 

« Il y a un peu trop d’optimisme en ce moment », croit-il. Lorsque le réalisme s’imposera, notamment concernant l’état des revenus et de la demande des consommateurs, bien des investisseurs risquent de retourner vers le billet vert américain pour se mettre à l’abri, au détriment du dollar canadien.

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