Opérateurs en Bourse analysant des données.
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L’année 2022 a été décevante pour les investisseurs. 2023 s’annonce plus intéressante, à condition de se préparer à naviguer sur une mer houleuse composée de pics et de creux, tant au niveau des actions que des obligations et de l’économie en général, prévoit la firme dans ses perspectives 2023.

« Après trois années sans précédent, l’année 2023 sera marquée par une diminution des incertitudes et les investisseurs seront récompensés, grâce à une amélioration des conditions de marché », explique Philip Petursson, stratège en chef des placements à IG Gestion de patrimoine.

L’année à venir sera caractérisée par un plafonnement de l’inflation et un ralentissement de l’économie mondiale, selon IG. Cependant, les analystes de l’institution estiment que la force et les conséquences d’une récession pourraient s’avérer moins marquées que les moyennes historiques et que le creux de la vague sera bientôt chose du passé.

RISQUE DE RÉCESSION TRÈS ÉLEVÉ AU CANADA

« Alors que les cours des actions seront au plus bas, l’inflation, les taux d’intérêt et la corrélation des catégories d’actifs plafonneront, ce qui offrira des occasions aux investisseurs qui sauront s’adapter aux conditions de marché », selon Philip Petursson.

Dans ses perspectives, l’institution considère que les hausses des taux décrétées tout au long de 2022 par les banques centrales tirent vraisemblablement à leur fin. Une ou deux autres hausses sont encore à envisager avant que la Banque du Canada et la Réserve fédérale décident de marquer une pause, selon son document.

Côté économique, la firme croit que le risque de récession est très élevé au Canada, ainsi que dans certains pays européens et asiatiques, en raison des signes de ralentissement observés depuis quelques mois dans l’activité manufacturière mondiale. La question est de savoir si cette récession s’éternisera et quelle sera son ampleur.

DU MIEUX POUR LES ACTIONS CANADIENNES

La perspective d’un ralentissement économique n’affecte cependant pas l’optimisme des analystes d’IG quant aux résultats des actions et des titres à revenu fixe, considérant que le marché a déjà tenu compte de ce risque dans l’évaluation des actifs.

IG pense que les marchés boursiers se rapprochent peut-être d’un creux, la valorisation retrouvant son importance. On pourrait ainsi assister à une amélioration du rendement relatif des actions internationales, notamment celles des marchés émergents. Le Canada devrait quant à lui surpasser les actions américaines à moyen terme.

En ce qui concerne les titres à revenu fixe, une baisse de l’inflation prévisionnelle pourrait réduire les risques pour les taux d’intérêt et les taux obligataires, ce qui devrait permettre d’améliorer les rendements pour la prochaine décennie, selon la firme.

« Les principaux marchés boursiers et obligataires ont pris la même direction en 2022. Comme ces corrélations tendent à se désynchroniser après un certain temps, les économies suivront probablement leurs cycles de marché à des cadences différentes en 2023 », souligne le rapport. Des occasions de diversification pourraient se présenter dans plusieurs catégories d’actifs.

En cas d’essoufflement de l’économie canadienne, IG est d’avis que le marché immobilier serait le plus touché en raison de sa plus grande sensibilité à la variation des taux d’intérêt. La vigueur du marché de l’emploi, au Canada comme aux États-Unis, pourrait toutefois favoriser une récession plus modérée.