Ours blanc rugissant sur la banquise, devant la mer déchaînée.
Photo : Andrii IURLOV / 123RF

Le chef de l’organisme de réglementation bancaire du Canada a indiqué lundi qu’il augmenterait la réserve que les banques doivent conserver pour se protéger contre les risques liés aux changements climatiques.

Peter Routledge, qui dirige le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF), a expliqué que cette hausse ne serait probablement pas imposée cette année, mais qu’il était malgré tout important que les banques constituent des réserves de capital pendant la décennie en cours pour se prémunir contre une volatilité potentiellement croissante.

« Nous ferons tout notre possible pour nous assurer que nos systèmes financiers peuvent résister à l’incidence et à la gravité croissantes des événements climatiques qui se produiront au cours de cette décennie et de la suivante. »

Il a affirmé que les acteurs du marché reconnaissaient de plus en plus les risques du changement climatique, mais que le groupe de réglementation devait encore s’assurer que suffisamment de mesures étaient prises.

« Nous devrons poser des questions difficiles aux entités que nous supervisons pour nous assurer qu’elles disposent d’une capacité suffisante sous forme de réserves, de capital et autres, et d’une discipline de gestion des risques, pour absorber les risques climatiques physiques qui s’intensifient. »

S’exprimant lors de la conférence des chefs de la direction de banques canadiennes organisée par la Banque Royale, Peter Routledge a fait valoir qu’il était important d’accroître la résilience aux risques physiques du changement climatique et aux risques de transition, alors que l’économie mondiale évolue vers la carboneutralité.

Selon lui, même si le monde commençait à réduire les émissions cette décennie, avec une approche plus mesurée, l’action pourrait être retardée jusqu’à la prochaine décennie, ce qui pourrait rendre la transition plus précipitée et plus volatile.

Peter Routledge a expliqué que le BSIF allait également entamer un dialogue avec les institutions financières et qu’il espérait pouvoir produire, plus tard cette année, des directives sur la gestion des risques climatiques.

Il a souligné que le BSIF n’était pas le premier à s’attaquer au problème, mais qu’il était un précurseur à l’échelle internationale au sujet des lignes directrices, qui sont encore limitées, puisque les normes et politiques de mesure sont toujours en cours de définition.

Aux États-Unis, le Bureau du contrôleur de la monnaie, qui réglemente les banques du pays, a publié en décembre un projet de directives sur le climat qui énonce certaines attentes sur la façon dont les banques envisagent les risques liés au climat et intègrent ces risques dans leur planification stratégique.

Le chef de la direction de la Royale, Dave McKay, a indiqué que la transition n’en était qu’à ses débuts et qu’il n’y avait toujours pas de plan clair pour parvenir aux économies carboneutres.

« C’est un voyage. Nous apprenons tout juste à mesurer le climat et les émissions de gaz à effet de serre dans notre portefeuille. Nous ne faisons qu’apprendre et essayer de comprendre les risques inhérents et la volatilité. C’est une évolution. »

Mais même s’il y a encore beaucoup d’inconnu sur la transition énergétique, ce qui est clair, c’est que le Canada aura besoin de beaucoup de capitaux pour faire le changement, alors le gouvernement devrait être prudent dans ses politiques, a-t-il ajouté.

« Je tiens à souligner que le maintien de politiques concurrentielles, de structures de capital concurrentielles et d’une structure fiscale concurrentielle dans ce pays est essentiel au maintien d’un Canada prospère et concurrentiel à l’avenir. »