Main ouverte d'une femme avec flèche grimpant vers le haut.
Photo : Sebastien Decoret / 123RF

Les taux d’intérêt des pays développés sont relativement bas depuis la crise de 2008-2009 et bien que la Banque du Canada ait affirmé ne pas vouloir hausser ces taux en raison du ralentissement économique, ceux-ci devraient grimper dans les prochaines années en raison de l’automatisation.

Alors que les taux d’intérêt avaient dépassé la barre des 3 % en 2009, selon un graphique de la Federal Reserve Bank of St. Louis repris par The Economist, les banques centrales les ont abaissés afin d’aider l’économie à se remettre plus rapidement de la crise. On a même pu voir des taux négatifs pendant quelques années.

Depuis 2017, les banques centrales augmentent légèrement les taux et, même si elles prennent actuellement une pause en raison du ralentissement économique, cette tendance devrait se poursuivre, selon un nouveau rapport de Bain, un cabinet de conseil en gestion.

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Selon ce document, la tendance à l’automatisation poussera les taux encore plus haut au moins pendant une décennie, ce qui pourrait constituer un choc pour les marchés financiers puisque les taux d’intérêt servent à évaluer n’importe quel actif financier.

TOUJOURS PLUS D’INVESTISSEMENT DANS L’AUTOMATISATION

Bain estime que d’ici à 2030, les entreprises américaines auront investi 8 milliards de dollars dans l’automatisation. Les entreprises mettent toujours plus de ressources dans la technologie, ce qui mènera à un boom des investissements qui lui-même amènera les banques centrales à monter les taux.

Le cabinet de conseil estime que l’automatisation stimulera la productivité, qui a connu une croissance plutôt lente ces dernières années. Selon Bain, ce ralentissement pourrait être mis sur le dos du passage de la fabrication à une industrie davantage basée sur le service où les gains sont plus difficiles à réaliser.

Si l’on regarde les faits, entre 1993 et 2014, l’industrie automobile a plus que doublé sa productivité mais a perdu 28 % de ses effectifs, selon les chiffres du rapport. En revanche, durant cette même période, les hôpitaux ont créé 28 % d’emplois supplémentaires alors que leur productivité a crû de seulement 16 %.

LES TAUX D’INTÉRÊT EN MONTAGNES RUSSES

L’automatisation va toutefois commencer à avoir davantage d’effet sur l’industrie du service. Ce qui représentera évidemment un avantage pour la productivité, mais certainement un désavantage pour les employés, car 20-25 % des emplois pourraient être supprimés dans la prochaine décennie, estime Bain.

L’incidence de l’automatisation sera très forte sur l’économie. Celle-ci sera encore plus inégale, car une plus grande part des revenus ira aux travailleurs bien rémunérés, qui auront davantage la capacité d’épargner et d’investir, contrairement aux travailleurs moins bien payés, qui ne pourront plus autant participer à l’économie et acheter des produits. Ce qui aura encore une fois un effet sur les taux d’intérêt.

Enfin, selon le rapport, l’automatisation amènera une flambée des taux d’intérêt, mais à long terme, l’augmentation de l’épargne et la réduction de la demande pourraient entraîner une nouvelle chute des taux d’intérêt, qui reviendraient à zéro en termes réels.