Portefeuille vide
Photo : slasny / 123RF

L’Association canadienne des professionnels de l’insolvabilité et de la réorganisation (ACPIR) prévoit une augmentation du nombre de foyers qui se retrouveront acculés à la faillite en 2019.

L’organisme rappelle que les faibles taux d’intérêt et la facilité d’accès au crédit ont permis pendant plusieurs années à certains emprunteurs de continuer à rembourser des dettes qu’ils auraient eu de la difficulté à gérer autrement. Avec la remontée des taux et des niveaux presque record d’endettement des consommateurs, le nombre de Canadiens insolvables devrait toutefois repartir à la hausse.

LE CALME AVANT LA TEMPÊTE

L’Association des banquiers canadiens indique qu’en novembre 2017, le taux de prêts hypothécaires en défaut était le plus bas en une décennie, à 0,24 %. Selon un sondage de la firme Nanos publié en octobre dernier, 41 % des répondants disaient que la hausse des taux d’intérêt avait un effet négatif sur leurs dépenses personnelles, en baisse de trois points de pourcentage depuis juillet. Cette proportion avait donc diminué plutôt que monté depuis la plus récente hausse des taux d’intérêt. 

On aurait toutefois tort de se réjouir trop vite. En effet, l’embellie pourrait être de courte durée, si l’on se fie à l’ACPIR. Cette dernière se base notamment sur l’expérience passée. En général, on compte un délai d’environ deux ans entre le début d’une remontée des taux d’intérêt et celui de l’augmentation du nombre de dossiers d’insolvabilité des consommateurs. À la suite de hausses successives de taux de 1996 à 2000, le nombre de ces dossiers déposés entre 1998 et 2003 avait augmenté de 22 %. Rebelote à la suite des hausses de taux entre 2004 et 2006. Celles-ci avaient fait augmenter de 54 % le nombre de dossiers d’insolvabilité entre 2006 et 2009.

2019, ANNÉE NOIRE?

La même dynamique devrait être à l’œuvre à partir de 2019, selon l’ACPIR, en réaction à la remontée des taux amorcée en 2017 et qui se poursuit. « Depuis plus d’un an, le taux d’endettement élevé des consommateurs et la hausse des taux d’intérêt suscitent de plus en plus d’inquiétudes, mais ils n’ont pas encore fait augmenter le nombre de nouveaux dossiers d’insolvabilité de consommateurs, rappelle Chantal Gingras, présidente de l’ACPIR. Effectivement, il y a un délai entre le moment où les hausses débutent et celui où les consommateurs surendettés sont contraints d’amorcer une procédure de restructuration de leurs dettes. »

RALENTISSEMENT ÉCONOMIQUE

L’organisme qui représente près de 1 500 syndics et associés au Canada croit par ailleurs que la hausse des taux d’intérêt pourrait entraîner une diminution des dépenses des consommateurs, entraînant à la baisse le PIB et la croissance des entreprises canadiennes. Si un tel scénario se concrétisait, le chômage pourrait repartir à la hausse, ce qui ferait augmenter encore davantage le nombre de nouveaux dossiers d’insolvabilité de consommateurs. « Aucun de ces facteurs à lui seul n’est à l’origine de la faillite, mais ils provoquent ensemble un risque d’insolvabilité très élevé », prévient Mme Gingras.

Partagez-vous les inquiétudes de l’ACPIR? Les finances de vos clients souffrent-elles de la remontée des taux?