Entre les crédits d’impôts, prestations et programmes sociaux de tout acabit, il est facile de perdre son chemin. La solution? Pour certains, faire table rase et adopter le revenu minimum garanti (RMG).

Certains soutiennent que le revenu minimum garanti sera plus simple et moins coûteux à administrer que le fatras de programmes qui existe actuellement, et aussi plus humain puisqu’il permettra aux travailleurs de mieux s’en tirer entre deux emplois ou deux contrats, écrit-on dans La Presse. D’autres craignent que des Bougons ne profitent du système, ou encore que le RMG ne détourne certains citoyens du marché du travail.

Un sondage Angus Reid publié en août illustrait bien les espoirs et les craintes des Canadiens sur le sujet. Environ 65 % des Canadiens sont en faveur d’un revenu minimum garanti de 20 000 $ à 30 000 $ par année. Mais ils sont presque aussi nombreux (60 %) à croire qu’un tel programme coûterait trop cher au gouvernement fédéral, et les deux tiers refusent l’idée de payer plus d’impôt pour le financer.

LE TEST DU RÉEL

Discuté depuis des lustres, le RMG n’a pourtant que rarement été véritablement testé. Résultat : si bien des opinions se confrontent dès que l’on aborde le sujet, elles ne sont que cela : des opinions.

Pour vraiment savoir quels effets cette formule pourrait avoir, il faudra l’essayer. Au Canada, la seule expérience du genre a été menée au Manitoba dans les années 1970. Mais elle a été interrompue sans qu’un bilan n’en soit fait. Une chercheuse a tout de même remarqué, à l’époque, une diminution des consultations et hospitalisations pour problèmes de santé mentale et pour accidents et blessures.

D’autres tests pourraient toutefois bientôt être tentés. Le comité fédéral des Finances a recommandé au gouvernement libéral de mener un projet pilote sur cette formule. De son côté, l’Ontario s’est engagée à faire un essai dans son dernier budget. Au Québec, le gouvernement Couillard a démontré un certain intérêt. Le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, lui-même expert de la question et promoteur de cette politique sociale, est chargé de créer un comité sur le sujet. Le Parti libéral du Québec doit en discuter lors d’un atelier en septembre.

La Finlande entend pour sa part tester le RMG sur quelques milliers de ses citoyens, alors que la région d’Utrecht, aux Pays-Bas, fera de même sur quelques centaines de personnes.

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