Chiffre 5

La saison des impôts est aussi parfois la saison des maux de tête pour certains contribuables un peu perdus dans la multitude de crédits d’impôt offerts par les gouvernements. En entrevue avec Conseiller, Julie Thibodeau, gestionnaire développement et fiscalité à TurboImpôt depuis plus de 20 ans, présente cinq erreurs à éviter.

1. OUBLIER LES FRAIS MÉDICAUX

« Les gens comprennent souvent mal le crédit d’impôt pour frais médicaux et plusieurs contribuables ne réclameront pas le maximum des montants auxquels il leur donne droit », déplore Julie Thibodeau. 

Au Québec, les contribuables peuvent réclamer un crédit d’impôt non remboursable pour les frais médicaux qui dépassent 3 % du revenu net. Les couples doivent additionner les deux revenus. Les frais doivent avoir été payés pour la personne qui remplit la déclaration, son conjoint ou une personne à charge. Les personnes qui demandent ce crédit peuvent aussi réclamer un crédit d’impôt remboursable pour des frais médicaux.

Au Canada, le contribuable peut demander le total des frais admissibles, moins le moins élevé des montants suivants : 2 302 dollars ou 3 % de son revenu net ou 3 % du revenu net de la personne  à charge. Nouveauté cette année : les frais pour un animal d’assistance spécialement dressé pour aider une personne atteinte d’une déficience mentale grave sont admissibles au fédéral.

« Les gens ne savent pas toujours quels frais médicaux sont admissibles ou pas, donc je leur recommande de conserver tous leurs reçus », explique Julie Thibodeau. Il est d’ailleurs possible de demander au pharmacien d’imprimer la liste de tous les médicaments qui nous ont été prescrits. Pratique quand on en a égaré quelques-uns.

La liste des frais admissibles au provincial est disponible dans le formulaire IN-130 et ici pour le fédéral.

2. OUBLIER LES DONS DE CHARITÉ

Selon Julie Thibodeau, bien des philanthropes omettent de demander les reçus de charité au moment de faire un don ou en perdent la trace après les avoir reçus. Ce serait encore plus le cas depuis que les reçus sont envoyés par courriel.

Elle suggère de créer sur l’ordinateur un dossier dans lequel on place immédiatement ces reçus. Ce n’est d’ailleurs pas une mauvaise idée de le faire pour tous les documents d’impôt que l’on reçoit par courriel. Par ailleurs, elle propose aussi d’imprimer les reçus dès qu’on les reçoit et de les placer dans un dossier avec tous les autres documents papier liés à l’impôt. 

3. TOUT FAIRE À LA DERNIÈRE MINUTE

Ce n’est pas parce que la date limite pour envoyer la déclaration de revenus est le 30 avril qu’il faut attendre au 29 pour la commencer! Il n’est pas rare de réaliser, en complétant la déclaration, qu’il nous manque un document ou qu’un élément n’est pas clair. C’est embêtant si on ne se laisse aucune marge de manœuvre.

D’autant qu’il n’est pas recommandé d’envoyer sa déclaration après la date limite. Au fédéral et au provincial, cela coûtera des intérêts de 5 % du solde impayé, plus 1 % du solde impayé par mois complet de retard jusqu’à un maximum de 12 mois. Ce taux pourrait doubler au fédéral pour les procrastinateurs chroniques qui ont déjà reçu une pénalité pour production en retard l’année précédente. 

4. TOUT FAIRE TROP TÔT

Les entreprises qui doivent vous envoyer des feuillets d’impôt ont jusqu’au 28 février pour le faire. Les contribuables qui sont trop vite sur la gâchette pourrait donc devoir corriger, voire recommencer leur déclaration.

Julie Thibodeau recommande d’attendre au début du mois de mars pour remplir les formulaires. « Évidemment, cela dépend de la situation du contribuable, précise-t-elle. Un retraité qui n’a besoin que de ses papiers de Régime de pension du Canada et du Régime des rentes du Québec les recevra assez rapidement et pourra procéder. »

5. NE PAS UTILISER LES SERVICES EN LIGNE

Julie Thibodeau suggère de s’inscrire aux services Mon dossier des gouvernements provincial et fédéral. Cela permet, par exemple, de faire préremplir une partie des formulaires, ce qui économise du temps. Toutefois, il faut s’assurer de mettre à jour régulièrement ses informations, par exemple en cas de changement d’adresse. Cela évite les erreurs au moment de la transmission des déclarations. 

Par ailleurs, un récent sondage effectué pour TurboImpôt révélait que plus de six Canadiens sur dix hésitent à faire confiance à un logiciel pour effectuer leurs déclarations d’impôt. Ils jugent qu’un comptable ou un spécialiste de l’impôt trouvera plus de déductions que le logiciel et commettra moins d’erreurs. 

Sans surprise, Julie Thibodeau ne partage pas cette vision. « Notre logiciel pose une foule de questions au contribuable pour déterminer les crédits d’impôt auquel il a droit et s’assurer qu’il n’en omette aucun », indique-t-elle.

Environ un tiers (35 %) des Canadiens et 31 % des Québécois ont utilisé un logiciel pour impôt pour leur déclaration de 2017, excluant ceux qui font affaire avec un comptable, selon ImpôtNet Revenu Québec. Parmi ces utilisateurs, 5 % ont imprimé leur déclaration et l’ont envoyée par la poste. Les autres l’ont transmise en ligne. Toujours selon ImpôtNet Revenu Québec, seulement 6 % des Québécois et 4 % des Canadiens ont rempli une déclaration sur papier l’an dernier.