Argent canadien
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Le récent discours du Trône l’a très clairement réitéré : le gouvernement canadien continuera de soutenir financièrement les citoyens et les entreprises du pays aussi longtemps que la crise durera. Mais cela aura un coût, rappelle Mark Burgess dans un article paru chez Advisor.

Pour les investisseurs, cela signifie d’abord que le gouvernement fédéral continuera d’émettre une vaste quantité d’obligations, dont une grande partie sera rachetée par la Banque du Canada (BdC), par l’entremise de ses programmes d’assouplissement quantitatifs.

Un incontournable, puisque balancer une telle quantité d’obligations sur le marché financier ferait remonter les coûts d’emprunt pour le gouvernement canadien. Or, sa stratégie repose en grande partie sur la possibilité actuelle d’emprunter à très bon marché. Le taux nominal des obligations canadiennes à échéance de 10 ans se maintenait en moyenne autour des 0,6 % au cours des six derniers mois.

Selon un économiste de BMO, l’émission brute d’obligations l’an prochain pourrait s’élever à environ 300 G$, comparativement à 409 G$ en 2020. Au même moment, des dettes d’une valeur de 96 G$ viendront à échéance.

L’ENDETTEMENT SE POURSUIVRA

Quant au déficit du gouvernement fédéral, il est estimé à 343 G$ pour l’année fiscale en cours, soit l’équivalent de 15,9 % du PIB. Pour donner une idée du choc de la pandémie, rappelons qu’il n’était que de 34 G$ l’année précédente, soit 1,5 % du PIB. Ce déficit restera important l’an prochain. L’économiste de BMO croit qu’il pourrait atteindre 200 G$.

Pour l’instant, l’agence de notation DBRS Morningstar a conservé la cote AAA du Canada, avec perspectives stables. « La notation est toutefois tributaire de l’évolution de la crise sanitaire et un abaissement viendrait aussi d’une atténuation de l’engagement d’Ottawa face au rétablissement de l’équilibre fiscal », souligne toutefois Le Devoir. Reste à voir comment les autres agences de notation réagiront à la stratégie actuelle du gouvernement Trudeau.

Selon une autre note économique, cette fois de la Banque Scotia, il faudra un certain temps et surtout plus de détails sur l’application des promesses évoquées dans le discours du Trône avant que les prix sur les marchés financiers s’y ajustent. Ces détails viendront avec le prochain budget. Toujours selon l’institution, les libéraux en sont toujours à évaluer combien ils peuvent emprunter sur les marchés avant que les investisseurs ne commencent à s’inquiéter. 

RÉVISION DE LA FISCALITÉ

Les libéraux ont soutenu qu’ils financeraient en partie leurs dépenses en revoyant certains aspect de la fiscalité, notamment en limitant la déduction sur les options d’achat d’actions pour certains des Canadiens les plus fortunés et les entreprises et en s’attaquant à l’évitement fiscal des géants informatiques. 

L’an dernier déjà, les libéraux proposaient de fixer une limite annuelle de 200 000 $ dans certaines entreprises pour les options d’achat d’actions des employés qui peuvent être imposées au taux des gains en capital. Cette limite ne s’appliquerait pas aux entreprises privées détenues par des Canadiens. Ils ont aussi fait campagne en mettant de l’avant une taxe de 10 % sur les bateaux de luxe, les voitures et les avions personnels qui coûtent plus de 100 000 $, rappelle Advisor.